Entreautres phénomènes d'actualité, nous avions étudié en cours le nombre inhabituel de petits avions qui s'étaient abîmés dans l'Atlantique, pris dans une bourrasque soudaine, au cours de cette année. J'ai fini par me sentir irritable et de mauvaise humeur presque en permanence. Mes notes ont dégringolé de D à F. Je me
KhalTorabully, écrivain mauricien habitué de nos colonnes et qui oeuvre par une démarche transfrontalière aux rencontres de toutes les diversités, nous livre ici un compte-rendu personnel du 35ème forum culturel d’Assilah (Maroc) qui s’est déroulé les 1er et 2 juillet 2013. Assilah : la ville où la couleur est perspective. Cela pourrait être uneLire la suite
PDF| Depuis 1970, lors de la reconnaissance initiale par forage de la partie sommitale des évaporites messiniennes en Méditerranée occidentale, la | Find, read and cite all the research you
lAtlantique Est et de la MĂ©diterranĂ©e mis en place par la CICTA n’a pas vocation première Ă rĂ©gir : - Les navires qui ne pĂŞchant pas activement du thon rouge ; - la pĂŞche sportive ; - la pĂŞche rĂ©crĂ©ative. 178 Paragraphe 2 de la Recommandation 17-07 de l’ICCAT qui remplace la Recommandation 14-04 qui remplace la Recommandation 13-07 de l’ICCAT visant Ă
Visiterla Sardaigne Ile de méditerranée, la Sardaigne se divise en quatre régions : Cagliari, Nuoro, Oristano et Sassari. La plus importante Plus d Informations » La Guyane. Iles 4,391 . Seul territoire français en Amérique, la Guyane bénéficie d’un climat équatorial, la forêt amazonienne n’étant pas loin. Les températures maximales annuelles atteignent 33°C, la chaleur y
Qk3FWmB. La Méditerranée, la mer bleue par excellence, la grande mer’ des Hébreux, la mer’ des Grecs, le mare nostrum des Romains, bordée d’orangers, d’aloès, de cactus, de pins maritimes, embaumée du parfum des myrtes, encadrée de rudes montagnes, saturée d’un air pur et transparent, mais incessamment travaillée par les feux de la terre, est un véritable champ de bataille où Neptune et Pluton se disputent encore l’empire du monde ». Jules Verne – Vingt mille lieues sous les mers, 1870. Deux des principales conclusions de notre rapport – Ambitions stratégiques américaines, britanniques et russes en Méditerranée1 – étaient les suivantes le format euromed n’est plus adapté aux enjeux actuels, nécessitant l’adoption raisonnée d’un logiciel euroafricain susceptible de favoriser une coopération tripartite Union européenne/Union africaine/Ligue arabe, appuyée par les Nations unies ; la pleine prise en compte de l’affirmation confirmée de deux nouvelles puissances méditerranéennes » la Russie et la Chine. Avec une Syrie dont la reconstruction se fera principalement avec l’aide de la Russie, de la Chine et de l’Iran ; avec la consolidation du port militaire russe de Tartous Syrie et l’installation d’une base maritime chinoise dans le même complexe portuaire ; avec la circulation accrue de bâtiments militaires russes et chinois dans toute la Méditerranée, cette mer stratégique n’est plus le monopole des puissances occidentales. Les transits économiques entre Suez et Gibraltar – sécurisés par les Marines nationales française, britannique et américaine depuis la fin de la Seconde guerre mondiale -, doivent désormais s’effectuer en présence des marines hauturières russe et chinoise. L’éloignement progressif de la marine turque de l’OTAN et les derniers essais positifs de missiles de croisière par la marine algérienne viennent compléter notre constat la Méditerranée n’est plus une mer occidentale ! Bien que notre annonce d’une prochaine réconciliation Erdogan/Bachar al-Assad sous l’égide de Vladimir Poutine rencontre encore quelques difficultés de terrain sur les différents théâtres de la guerre civilo-régionale syrienne du 5 septembre dernier, le processus est lancé et bien lancé. Il constitue, d’ores et déjà , l’un des rouages de la nouvelle donne stratégique en cours une Méditerranée orientale partagée, une Méditerranée occidentale en crise durable ; un rôle accru des villes portuaires. MEDITERRANEE ORIENTALE PARTAGEE Au cours des semaines qui ont précédé le dernier sommet de l’OTAN à Varsovie 8 et 9 juillet derniers, Ankara a provoqué la surprise générale en s’opposant à une proposition américaine visant à constituer une force navale de l’Alliance en mer Noire afin de répondre aux nouveaux dispositifs de projection maritime russe à partir du port de Sébastopol. Pour Ankara, cette proposition constituait une violation flagrante des dispositions de la Convention de Montreux de 1936. Celle-ci reconnaît à la Turquie un contrôle sur les détroits du Bosphore et des Dardanelles et régit les règles de navigation en mer Noire. Le texte limite à 21 jours la présence de navires étrangers dans la zone. En proposant aux pays riverains dont la Turquie, la Roumanie et la Bulgarie la formation de cette flotte intégrée sous la bannière de l’OTAN, Washington cherchait à endiguer, sinon affaiblir le nouveau dispositif naval de Moscou dans cette mer transformée en lac russe », selon les propres termes du président turc. Après d’âpres négociations avec Moscou sur une présence massive de sa flotte en mer Noire, le revirement d’Ankara a été relaté en détail par le journal turc Hürriyet Daily News. Le quotidien relevait déjà en juin dernier un rééquilibrage inédit de la politique étrangère turque sur fond de tensions grandissantes avec les Etats-Unis et de volonté de normalisation avec la Russie. Le 3 septembre 2013, alors que Paris, Washington et Londres déclaraient vouloir bombarder la Syrie – suite à l’usage supposé d’armes chimiques dans la Ghouta banlieue de Damas par l’armée gouvernementale syrienne le mois précédent -, trois missiles anti-missile ont été tiré à partir de deux bases de l’OTAN en Italie. Ceux-ci ont été neutralisés à partir d’une station radar russe de mer Noire et d’une frégate russe de premier rang croisant au large des côtes syriennes. Durant les mois qui suivirent, plusieurs unités de pays membres de l’OTAN dont la France, se sont relayées en mer Noire en se conformant au délai de 21 jours de présence. Dans le même temps, un sous-marin nucléaire d’attaque SNA russe était repéré au large de la rade de Toulon. La partie de cache-cache a duré plusieurs semaines. Si les missions de bâtiments russes sont désormais monnaie courante le long des côtes syriennes, ainsi qu’entre Chypre et le Liban, des incursions russes sous-marines et de surface sont régulièrement détectées aussi en Méditerranée occidentale entre les côtes italiennes, françaises et espagnoles. Les bâtiments engagés ont la possibilité de se réapprovisionner dans la base algérienne de Mers el-Kébir pouvant ainsi se projeter au-delà du détroit de Gibraltar. La marine algérienne reste essentiellement équipée de matériels russes. Au sortir de la mer Noire, le principal point d’appui russe demeure le port syrien de Tartous qui, au fil des ans, s’est transformé en complexe inter-armées. Désormais, cette base abriterait jusqu’à 3 800 militaires russes. Le même complexe portuaire s’apprête à recevoir des unités du génie chinois. Dans les mois prochains, celles-ci sont chargées d’aménager une digue et une passe en eaux profondes, des postes de refueling » pour frégates lourdes et une base vie d’une capacité de deux milles hommes selon les mêmes formats dernièrement mis en chantier à Djibouti. Il y a un an et demi, deux frégates chinoises de premier rang et un ravitailleur ont franchi le canal de Suez et relié, durant plusieurs mois, différents ports de Méditerranée orientale et occidentale avant de franchir le détroit de Gibraltar. A son retour, ce groupe naval a effectué un stop diplomatique en rade de Toulon, de même qu’en Italie, en Grèce et en Turquie avant de reprendre la route de Suez pour rejoindre l’océan Indien. Un dernier point cristallise les ambitions maritimes régionales la découverte et la mise en exploitation de plusieurs blocs d’hydrocarbures entre Chypre, l’Egypte, Israël et le Liban. Si les trois premiers ont trouvé un accord pour exploiter ces ressources prometteuses, les eaux libanaises sont, quant à elles régulièrement violées voire progressivement grignotées, une crise politique et institutionnelle récurrente monopolisant les énergies du Pays du Cèdre vers d’autres priorités. MEDITERRANEE OCCIDENTALE EN CRISE Déclenchée par Nicolas Sarkozy et David Cameron, puis relayée par l’OTAN à partir d’une interprétation partielle et partiale de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, l’intervention militaire en Libye de mars 2011 a précipité trois dynamiques de crise. Laissant place à des groupes salafo-jihadistes et des factions mafieuses, la destruction des structures régaliennes libyennes a favorisé la jonction et l’amplification d’une série d’Etats faillis allant de l’Atlantique à la Corne de l’Afrique. Ce couloir de criminalité, qui traverse la bande sahélo-saharienne, a été mis à profit par les cartels latinos de la cocaïne colombiens, vénézuéliens et brésiliens qui disposent de têtes aéroportuaires en Afrique de l’ouest, notamment en Guinée Conakry et en Sierra Leone. A partir de ces appuis côtiers, les flux de drogue remontent vers le nord pour aboutir au Maroc, en Tunisie et en Libye avant de traverser la Méditerranée pour se répandre dans l’ensemble des pays européens. La menace terroriste a, elle-aussi été confortée et amplifiée par l’implosion de la Libye. Même s’il vient de subir d’irréversibles revers, Dae’ch a, ainsi pu s’installer à 500 kilomètres des côtes européennes. Nombres d’autres groupes jihadistes soutenus par l’Arabie saoudite et le Qatar se sont multipliés, installant des camps d’accueil et de formation dans la Libye faillie », notamment dans le Fezzan au sud, le long d’une ligne reliant les villes de Sebbah à Gât à proximité de la frontière algérienne à la hauteur de Djanet. De ces sanctuaires du sud libyen, les jihadistes peuvent irriguer l’ensemble des pays de la région, tout particulièrement le Mali, le Niger et le Burkina-Faso, organisant aussi des filières à destination du désert du Sinaï, de Syrie et d’Irak. Des jonctions opérationnelles avec Boko-Haram et les Shebab somaliens sont à craindre. Désormais, l’hypothèse d’un Bataclan flottant », qui verrait un ou des jihadistes cibler des bateaux de croisière ou armer des embarcations en vue d’attaques-suicides – en haute mer ou dans des ports -, n’est plus à exclure. Ces différentes menaces sont d’autant plus préoccupantes qu’elles se diluent dans les flux croissants de réfugiés qui fuient les guerres d’Afghanistan, du Proche-Orient et d’Afrique, mais aussi des contextes économiques où la survie devient de plus en plus difficile. La Méditerranée occidentale est, ainsi devenue le creuset de l’une des crises de migrations les plus importantes depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Et ce ne sont pas les opérations Triton et autres dispositifs Frontex2 qui peuvent apporter des réponses pertinentes et durables à cette crise qui devrait être traitée en amont par l’UE, mais aussi la Ligue arabe, l’Union africaine et les autres structures régionales africaines. Hormis une progressive montée en puissance de la marine algérienne favorisée par Moscou, ces différentes crises structurelles qui affectent la Méditerranée occidentale mobilisent d’importantes ressources budgétaires et de nombreux moyens opérationnels au détriment des autres enjeux stratégiques qui concernent la totalité de la masse d’eau allant du canal de Suez au détroit de Gibraltar. RÔLE ACCRU DES VILLES PORTUAIRES Face à cette montée des périls en Méditerranée, plusieurs initiatives multilatérales se sont successivement cassées les dents… Les deux les plus connues sont le Partenariat Euromed dit Processus de Barcelone 1995 et l’Union pour la Méditerranée juillet 2008. Ces fabrications institutionnelles ont clairement été plombées par trois conflits politiques majeurs et récurrents Israël-Palestine depuis 1948 ; l’occupation du nord de Chypre par la Turquie 1974 et le Sahara occidental, revendiqué à la fois par le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique RASD, proclamée par le Front Polisario 1976. Ce dernier théâtre continue à conditionner une relation bilatérale algéro-marocaine difficile, tout en empêchant l’émergence de l’Union du Maghreb arabe UMA, serpent de mer improbable… Ultérieurement, plusieurs initiatives de la société civile ont vu le jour, comme la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh3 pour le dialogue des cultures. Instituée par l’UE et les pays du pourtour méditerranéen, cette entité se concentre sur le rôle primordial du dialogue interculturel afin de promouvoir une coexistence paisible dans la région. Le Processus de Barcelone a établi la Fondation Anna Lindh en 2005 afin de soutenir des organisations et des individus travaillant à la promotion du dialogue, avec l’objectif politique de faire de la région Euro-Méditerranéenne une aire de coopération, d’échange, de mobilité, de compréhension mutuelle et de paix »… Mais là encore, ces différentes initiatives n’ont pas suffi à peser significativement, sinon à transformer les différents conflits continuant à menacer la paix et la stabilité en Méditerranée. Parallèlement, un troisième type d’initiatives tentait de relancer des efforts de négociations diplomatiques par le bas », c’est-à -dire en partant des collectivités territoriales et locales régions et villes portuaires. Marseille, Barcelone, Tunis, Athènes et Beyrouth ont lancé de multiples programmes dont certains perdurent aujourd’hui. Sur ce terrain, la Principauté de Monaco peut se féliciter d’une réelle antériorité. MONACO EN PREMIERE LIGNE A la charnière des XIXème et XXème siècles, le prince Albert 1er a voulu prolonger son activité scientifique et environnementale par une action politique en faveur de la paix. Cette volonté de faire de Monaco un pôle de rayonnement d’une Pax mediterrana s’est concrétisée par la création de l’Institut international de la paix en 1903. Les négociations sur la question marocaine en 1905 marquent l’apogée de son rôle de médiation entre la France et l’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, Albert Ier se voit refuser l’entrée de son pays dans la Société des Nations SDN. Il répond alors dans le domaine de la coopération scientifique, par la mise en place de la Commission de la Méditerranée, Monaco participant aussi à l’ensemble des structures méditerranéennes. Dernièrement la Principauté a participé à la 10ème session plénière de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée APM réunissant à Tirana Albanie les représentants des 25 pays membres ainsi que des hauts fonctionnaires des Nations unies, de l’OSCE et de la Banque européenne d’investissement BEI. Principaux dossiers abordés paix et sécurité aux Proche et Moyen-Orient, lutte contre le terrorisme, crise des réfugiés, changement climatique, dialogue interculturel et religieux. Nathalie Amoratti-Blanc – vice-présidente de la 1ère commission sur la coopération politique régionale et les questions de sécurité – est intervenue sur la crise migratoire en 2015, plus d’un million de migrants sont arrivés en Europe. Nous avons besoin d’une plus grande cohérence et d’une véritable solidarité dans la gestion de ce phénomène, car il ne s’agit pas d’une crise passagère. Il est indispensable de trouver des solutions à long terme …. Nous avons la responsabilité de comprendre la complexité de ce phénomène et de fabriquer des nouveaux équilibres, autant de réponses à l’extrêmisme et au populisme ». L’APM a été créée en 2005 lors de la 4ème Conférence sur la sécurité et la coopération en Méditerranée née de la transformation de ce processus » lancé depuis une quinzaine d’années par l’Union Interparlementaire UIP pour faciliter le dialogue entre parlementaires méditerranéens. Plaçant les parlements de tous les pays du bassin méditerranéen sur un pied d’égalité;, l’APM se saisit des questions d’intérêt commun pour favoriser et renforcer la confiance entre Etats de la Méditerranée, dans le but d’assurer la sécurité et la stabilité régionales et de promouvoir la paix. Elle se réunit en session ordinaire une fois par an et ses travaux sont préparés par les Commissions permanentes qui sont au nombre de trois 1 la Commission permanente sur la coopération politique et en matière de sécurité ; 2 la Commission permanente sur la coopération économique, sociale et environnementale ; 3 la Commission permanente sur le dialogue des civilisations et les droits de l’homme. COOPERATIONS RENFORCEES POUR UN LABORATOIRE MEDITERRANEEN » Partant du constat que la Méditerranée n’est plus une mer occidentale », il s’agit aujourd’hui de conjuguer l’esprit de Monaco dans trois perspectives principales. La première concerne d’abord les Marines nationales française et britannique qui ont déjà entrepris les ajustements nécessaires face aux nouvelles implantations portuaires en Méditerranée de la Russie et de la Chine. Pour être efficaces et durables, ces derniers devraient chercher aussi à développer des coopérations communes en matière de contre-terrorisme et de lutte contre les flux criminogènes migrations illicites, trafics d’armes, de drogues et d’êtres humains, sinon œuvrer à un nouveau système de sécurité collective pour la Méditerranée. Clairement politique, cette volonté n’ira pas sans une remise à plat des orientations diplomatiques de confrontation sanctions économiques, redéploiements militaires en Pologne et dans les Pays baltes notamment, mises en œuvre à l’encontre de Moscou. Malheureusement, les conclusions du dernier sommet de l’OTAN à Varsovie en juillet dernier – dont la poursuite du programme de bouclier anti-missile – ne vont pas dans ce sens ! Par conséquent, la deuxième perspective porte sur l’effort de refondation d’une diplomatie adaptée aux enjeux méditerranéens immédiats à partir desquels peuvent s’envisager des convergences locales durables. Celles-ci pourraient servir de laboratoire à des mécanismes de gestion de crises applicables à des formats géopolitiques plus large en Afrique sub-saharienne, en Arctique, en Asie-Pacifique, en Asie centrale et en Amérique latine. La mise en place d’un tel laboratoire méditerranéen » est une grande ambition qui nécessite des dirigeants à la hauteur. Nous verrons, à l’issue des élections présidentielles américaine et française notamment, mais cette perspective devrait – d’ores et déjà – inspirer les candidats. En attendant, une troisième perspective concerne la mise en place de coopérations renforcées » à l’image de ce que l’UE a été incapable de faire, à savoir des programmes à la carte, selon l’intérêt des Etats riverains décidant de participer ou non. Si les Etats demeurent indispensables à cet organon, les capacités diplomatiques des villes portuaires s’avèrent, d’ores et déjà , des outils complémentaires appropriés aux nouveaux enjeux stratégiques, économiques et sécuritaires auxquels sont désormais confrontées l’ensemble des populations méditerranéennes. En la matière, il n’est pas acquis que les grandes puissances puissent constituer l’élément moteur d’une telle avancée. De petit acteurs tels que la Principauté de Monaco, seraient sans doute mieux à même de mettre en œuvre la concrétisation d’un tel laboratoire méditerranéen. L’esprit de Monaco, dont nous avons rappelé l’antériorité historique, pourrait favoriser, voire porter une telle ambition
Plus de photos de Vampy1 portfolio Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A Côte de Tanger, Tanger, Tanger, Maroc, Afrique, Afrique du Nord, le Maghreb, détroit du Gibraltar, la mer Méditerranée, l'Océan A
Nukumi, le plus gros requin jamais observé outre-Atlantique, a quitté la côte est des Etats-Unis et se dirige vers l'Europe. Un seul requin a réussi à traverser entièrement l'océan, c'était en 2014. Le comportement de cette femelle de 50 ans intrigue donc les spécialistes. Habituellement observée près de la côte est américaine, Nukumi, une énorme femelle requin blanc de 50 ans, se dirige vers l'Europe, selon Geo. Un requin de cinq mètres et d'une masse de deux tonnes Surnommée "la reine de l'océan", mesurant plus de cinq mètres et pesant plus de deux tonnes, elle est le requin blanc le plus gros jamais observé outre-Atlantique. La balise GPS placée sur l'animal a indiqué OCEARCH, organisation qui effectue des recherches sur les requins, que Nukumi traversait actuellement l'Atlantique, direction le Vieux continent. Un seul requin a réussi, en 2014, à traverser entièrement l'océan et rejoindre les eaux portugaises. Généralement, les requins ne dépassent pas la dorsale médio-atlantique, un relief sous-marin qui sert habituellement de barrière naturelle. Nukumi, elle, l'a fait et en serait à la moitié du chemin. Va-t-elle continuer ou faire demi-tour ? "Nous ne pouvons pas prédire si elle va continuer, ou rebrousser chemin. Si elle ne fait pas demi-tour bientôt, elle pourrait se rendre au large d'îles ou sur des monts sous-marins de l'Atlantique est, des endroits comme les Açores. Ou peut-être se dirigera-t-elle vers la mer Méditerranée, car il y a déjà des requins blancs", a indiqué Bob Hueter, spécialiste à OCEARCH. So, what happened on the tracker YESTERDAY?! Well, let me tell you! The Queen Nukumi pinged in - heading toward the Frying Pan Shoals off of NC. Andromache gave a fin wave to the crew of the M/V OCEARCH in Brunswick, GA and little Gladee is still enjoying her time in OBX! \ud83d\ude0d?\ud83d\ude4c Great White Montauk SharkMontauk January 15, 2021 Parmi les hypothèses des experts, ce changement de comportement de la femelle pourrait être dû au fait qu'elle est enceinte. Elle s'éloignerait ainsi des autres prédateurs pour mettre au monde son petit. Le trajet de Nukumi peut-être suivi en temps réel, en fonction des derniers relevés GPS, sur le site d'OCEARCH.
Les eaux tranquilles de la Méditerranée couvrent les cicatrices d'un passé tumultueux. Des chercheurs exhument peu à peu des indices gravés dans les fonds marins, qui attestent que cette mer a connu, à une époque lointaine, une des pires inondations de l'histoire de la planète. Les explications de Marc-André Gutscher, un géologue qui a participé à la découverte de cette catastrophe survenue il y a plus de cinq millions d' vous intéressera aussi [EN VIDÉO] La posidonie, indispensable à la vie marine méditerranéenne La posidonie n’est pas une algue mais une plante à fleurs, retournée au milieu aquatique comme l'ont fait les cétacés. Elle pousse notamment en Méditerranée où elle est de plus en plus menacée. La voici en vidéo, capturée par Sandrine Ruitton, maître de conférences au MIO Institut Méditerranéen d'Océanologie. La Méditerranée asséchée. De vastes étendues, autrefois sous l'eau, exposées à l'air libre entre des lacs hypersalés similaires à la mer Morte. Aussi difficile à concevoir qu'elle soit, cette vision était pourtant bien réelle si l'on remonte quelque six millions d'années en la toute fin du Miocène, durant le Messinien, Mare Nostrum était en effet le théâtre du bouleversement géologique le plus violent depuis la crise du Crétacé-Tertiaire. L'évènement, appelé crise de salinité messinienne, a provoqué l'évaporation massive de la Méditerranée suite à la fermeture d'un passage au nord du Maroc l'actuel détroit de Gibraltar, rompant la connexion entre la mer et l'océan outre, le seuil entre la Sicile et la Tunisie a émergé, créant un rebord naturel séparant la Méditerranée en deux bassins, ouest et est. Les géologues pensent que le niveau marin a baissé d'au moins quelques centaines de mètres, voire jusqu'à m, du côté occidental, et de m du côté oriental, » précise à Futura Marc-André Gutscher, directeur du Laboratoire Géosciences Océan LGO, attaché à l'université de Brest et au CNRS.“La Méditerranée s'est remplie en moins de deux la Méditerranée a-t-elle retrouvée le visage qu'on lui connaît aujourd'hui ? Une inondation digne d'un film catastrophe, que les Anglophones n'hésitent pas à qualifier de méga-inondation », aurait mis fin à la crise messinienne voilà 5,2 millions d'années, au tout début du détroit de Gibraltar s'est formé, laissant les eaux de l'océan Atlantique reconquérir la Méditerranée, en commençant par le bassin occidental avant de combler le bassin oriental lorsque le niveau marin a dépassé le seuil de Sicile. L'inondation était d'une telle violence qu'il aurait suffi de deux ans à peine pour remplir entièrement la y a six millions d’années, la mer Méditerranée s’est retrouvée isolée de l’océan Atlantique et s’est partiellement asséchée c’est la crise de salinité messinienne. Pour expliquer la fin de la crise, les chercheurs avancent l’hypothèse d’une inondation gigantesque via le détroit de Gibraltar. Elle aurait rempli le bassin ouest, jusqu’à atteindre le seuil de Sicile. Dans un second temps, l'eau se serait déverser dans le bassin oriental en une cascade de 1,5 km de haut. Celle-ci a creusé un immense canyon sur son passage et a entraîné des sédiments, qui se sont déposés en contrebas tache rouge dans l’animation. © University of Malta, YouTubeUn canyon sculpté par la force de l'eauPour reconstruire ce scénario, les chercheurs sont en quête d'indices témoignant du passage des flots. Et justement, une équipe internationale, dirigée par Aaron Micallef et Angelo Camerlenghi, de l'université de Malte et de l'Institut national d'océanographie et de géophysique expérimentale de Trieste Italie, décrivent dans un article, paru dans le journal Scientific Reports, un étrange dépôt de sédiments découvert au large de la Sicile. Il repose contre l'escarpement de Malte, une immense falaise découverte est le premier élément de preuve directe du remplissage du bassin oriental, révèle Marc-André Gutscher, co-auteur de l'étude. Ce qui est frappant, c'est qu'on l'a retrouvé au pied d'un canyon, le canyon de Noto, qui a une forme particulière en J. C'est un canyon monstrueux, d'une vingtaine de kilomètres de long et de 6 km de large, extrêmement profond et en calcaire, une roche dure. Pour l'éroder ainsi jusqu'à des pentes de 70°, il faut énormément de violence ». Ce canyon a été creusé par des chutes, comme les chutes du Niagara, mais en beaucoup plus violent, » poursuit le chercheur. Et en beaucoup plus grand également la cascade responsable de l'inondation du bassin méditerranéen oriental aurait mesuré 1,5 km de hauteur. En passant, les flots auraient raclé les sédiments des fonds marins, qui se sont déposés en aval, de l'autre côté de l' dépôt de sédiments immense et chaotique au pied d’une falaiseLe dépôt de sédiments dépeint par les chercheurs est bordé sur son côté occidental par l'escarpement de Malte. Il couvre une surface comparable à la Crète, avec 160 km de longueur sur 95 km de large. Il mesure entre 400 et 800 m d'épaisseur et celle-ci diminue plus on s'avance vers l'est, c'est-à -dire plus on s'éloigne de la unité 2, le dépôt, aujourd'hui enterré sous le sol marin, est pris en sandwich entre deux strates sédimentaires bien identifiées il se situe au-dessous des sédiments datés du Pliocène-Quaternaire unité 1, période géologique qui suit le Messinien, et au-dessus d'une importante couche de sels caractéristique de la crise messinienne unité 3. Effectivement, l'évaporation de la mer Méditerranée s'est accompagnée de la formation de dépôts de sels, appelés évaporites, sur 500 m à 1 km d' Gutscher a repéré l'unité 2 lors d'une campagne d'imagerie sismique effectuée en 2013, à bord du Suroît, un navire de recherche océanographique de l'Ifremer. On a pu voir sur de nombreux profils sismiques une couche d'apparence chaotique, d'assez grande taille, relate-t-il, qui a plus l'air d'un gros tas de riz que d'un annuaire téléphonique. » Plutôt que de voir des feuillets [correspondant aux différentes strates sédimentaires qui se déposent normalement l'une au-dessus de l'autre, NDLR], on ne voit pas grand-chose. Il n'y a pas de couche bien horizontale, bien régulière, donc pas de réflexion sismique. C'est par l'étendue et l'épaisseur de cette zone transparente que l'on a créé la figure du dépôt. »Pour la publication de 2018, ses collègues ont mobilisé un jeu de données plus grand, soit une vingtaine de profils sismiques, sur lesquels on retrouve la signature chaotique de ce dépôt, » précise Marc-André Gutscher. En complément de la campagne de 2013, les chercheurs ont eu recours à d'anciennes données italiennes et ont obtenu d'autres profils lors de campagnes allemande et italienne, réalisées à bord de l'OGS Explora et du Meteor, entre 2011 et travaux n'en resteront certainement pas là . Il est fort probable qu'on essaie de cibler ce dépôt dans les prochains projets de forage », poursuit Marc-André Gutscher, car c'est un témoin clé de l'inondation de la Méditerranée orientale. On pourrait voir à l'intérieur du dépôt quelles sont les roches, quelle est leur provenance, s'agit-il de morceaux de calcaire comme en Sicile ? »D'autres marqueurs de l'inondation, terrestres cette fois, s'observent effectivement en Sicile. Ainsi, des conglomérats de roches calcaire semblent montrer que quelque chose est passé par là , a arraché du calcaire et a formé ces blocs, » explique le chercheur. Enfin, si d'aventure des microfossiles étaient enfouis dans le dépôt de sédiments, cela permettrait de mieux dater la période de la remise en eau de la que s'est-il passé du côté de la Méditerranée occidentale ? Un tel dépôt chaotique ne semble pas exister, ou en tout cas pas à proximité, du détroit de Gibraltar, » indique Marc-André Gutscher, qui précise que des études précédentes ont toutefois permis d'identifier un grand canyon dans la qu'il faut retenirDes chercheurs ont ausculté par imagerie sismique un vaste dépôt de sédiments, d’apparence chaotique, situé au pied d’une falaise sous-marine appelée l'escarpement de dépôt témoigne d’une inondation catastrophique datant du début du Pliocène qui aurait rempli la Méditerranée, alors partiellement flots de l’Atlantique se sont déversés en premier dans le bassin occidental, avant de submerger le relief au niveau de l’escarpement de Malte et de se jeter en une cascade de 1,5 km de haut dans le bassin oriental, creusant au passage un immense par ce que vous venez de lire ?
Arnaud Peyronnet, membre associé FMES de l’Observatoire stratégique de la Méditerranée et du Moyen-Orient OS2MO. La Russie s’est montrée particulièrement active ces derniers mois, tant dans son bastion de la mer Noire qu’en Méditerranée, le long des côtes africaines ou près de l’archipel américain des îles Hawaï. Le 20 janvier 2022, Moscou a annoncé la tenue prochaine d’exercices navals majeurs dans l’Atlantique, l’Arctique, le Pacifique et la Méditerranée, pouvant impliquer plus de 140 bâtiments [1] . Un exercice pourrait même se dérouler de façon inédite au large de l’Irlande [2], près de la zone de connexion des câbles sous-marins transatlantiques, à un moment de fortes tensions sur le flanc oriental de l’Europe. Cet activisme de la marine russe, qui rappelle symboliquement les grandes heures des forces navales soviétiques des années 1980, appuie la vision décomplexée du président Vladimir Poutine quant au rôle maritime de la Russie qui cherche à maintenir sa place dans le jeu mondial à un niveau égal à celui des États-Unis et de la Chine, tout en sachant qu’elle n’est pas en mesure de s’assurer réellement la maîtrise des mers. Le Kremlin n’a eu de cesse de répéter ces derniers mois que la Russie avait regagné sa place parmi les principales puissances maritimes mondiales et qu’une flotte puissante était nécessaire pour défendre les intérêts de Moscou sur l’ensemble des mers du globe. De fait, cet activisme naval, appuyé par le développement volontariste de nouvelles armes de rupture dans le domaine du combat naval, a ancré la marine russe dans un bras de fer durable avec la marine américaine et ses alliés. UNE DEFENSE ACTIVE DES BASTIONS RUSSES EN MER NOIRE ET MEDITERRANEE Dans les perceptions géopolitiques russes, la mer Noire est vue comme un lac russe qui protège le territoire national et permet un accès à la Méditerranée, puis au Moyen-Orient. Les forces navales russes y ont donc pour mission de contraindre la liberté de mouvement anglo-américaine, afin d’empêcher les États-Unis et le Royaume-Uni de se rapprocher de leur glacis sécuritaire [3]. C’est conformément à ces perceptions que sont apparues d’importantes frictions navales russo-britanniques en mer Noire au mois de juin 2021. Le destroyer britannique HMS Defender, qui sortait d’une escale en Ukraine, où un accord bilatéral de coopération navale anglo-ukrainien venait d’être signé [4], a en effet traversé les eaux disputées au large de la Crimée tout en respectant le principe du droit de passage inoffensif dans des eaux territoriales, afin de se diriger vers la Géorgie. Outre le droit de passage inoffensif, Londres a souligné que ces eaux territoriales appartenaient légalement à l’Ukraine, l’occupation de la Crimée par la Russie depuis 2014 n’étant pas reconnue par la communauté internationale [5]. La marine russe a dès lors surveillé de près le transit de ce bâtiment qui passait près de certaines de ses zones d’exercice, tandis que plusieurs avions de chasse russes l’ont survolé à basse altitude à des fins d’intimidation [6]. Des tirs de semonce russes auraient été menés à cette occasion, selon certains médias russes et britanniques [7], ce qui a été démenti par la Royal Navy [8], dénotant la guerre de l’information liée à ce type d’événements. La propagande de Moscou s’est montrée très offensive, indiquant que les forces armées russes avaient chassé un navire britannique de ses eaux et qu’elles n’hésiteraient pas à frapper cinétiquement les bâtiments britanniques s’ils continuaient leurs actions provocatrices au large de la Crimée [9] ». Une frégate néerlandaise aurait été également, à cette même période, la cible de brouillages et de raids aériens, simulés par des Su-30 russes équipés de bombes et missiles antinavires, alors qu’elle naviguait de conserve avec le HMS Defender [10]. Dans cette lutte d’influence, une attaque cyber sur l’AIS Automatic Identification System du bâtiment britannique a été rapportée, le positionnant faussement à 2 nautiques de la base navale russe de Sébastopol, alimentant ainsi la désinformation russe quant à la prétendue agression britannique. Ce spoofing [11] AIS et la communication très intensive utilisés par la Russie font désormais partie de ses modes d’action à l’intérieur de ce qu’elle considère comme ses bastions maritimes [12]. Peu de temps après, fin juin 2021, l’exercice Sea Breeze a mobilisé plus de 30 bâtiments de l’OTAN en mer Noire, au large de l’Ukraine. Moscou a, sans surprise, qualifié cet exercice de provocation, lançant des manœuvres pour tester la réactivité de sa défense aérienne basée en Crimée et renforçant les bases situées à proximité de capacités de frappes aériennes et antinavires [13]. En novembre 2021, alors que de nouvelles rumeurs d’intervention militaire russe en Ukraine se profilaient en parallèle de gesticulations anglo-américaines au profit de Kiev, l’armée russe a effectué de nouveaux exercices aéromaritimes en mer Noire. Cet activisme anglo-américain [14] dans un espace que Moscou revendique comme son glacis sécuritaire, irrite au plus haut point le Kremlin. Le 30 juin 2021, Vladimir Poutine a estimé qu’un navire de l’OTAN coulé par la marine russe ne donnerait pas lieu à une nouvelle guerre mondiale », ajoutant que la Russie se battait pour elle-même, pour son avenir sur son territoire » [15], illustrant ainsi clairement ses revendications géopolitiques [16]. Il a conclu ce n’est pas nous qui sommes venus vers eux à des milliers de kilomètres ; ils sont venus à nos frontières et ont violé nos eaux territoriales [17] ». Il démontre par là une nouvelle fois sa volonté d’engager un rapport de force avec les puissances maritimes occidentales, prévenant en amont ce qui pourrait arriver si ses eaux territoriales ou celles que Moscou revendique étaient violées [18] » par des puissances étrangères. Le 25 juillet 2021, à l’occasion de la parade officielle de la marine russe à Saint-Pétersbourg, le président Vladimir Poutine a assuré que la flotte russe était capable de détecter et de détruire n’importe quelle cible », la Russie ayant gagné sa place parmi les principales puissances maritimes mondiales » [19]. Ce concept de défense active des bastions russes contre la présence navale anglo-américaine s’est aussi prolongé en Méditerranée orientale. Fin juin 2021, les forces russes ont déployé en Syrie, dans le cadre d’un exercice, deux aéronefs MiG-31K dotés de missiles hypersoniques antinavires Kinjal [20]ainsi que trois bombardiers TU-22M Backfire alors que le groupe aéronaval britannique Queen Elizabeth patrouillait au large [21]. Des avions de lutte anti-sous-marine Tu-142MK et Il-38 ont été envoyés à cette occasion dans la région, de même qu’un appareil de détection et de commandement aéroporté A-50 Mainstay. La flotte de la mer Noire avait projeté pour cet exercice en Méditerranée plusieurs bâtiments, dont le croiseur lance-missiles Moskva ainsi que les frégates Amiral Essen et Amiral Makarov, en complément du dispositif présent en Syrie. Moscou cherche depuis à étendre sa base navale de Tartous, avec la possibilité d’y baser un dock de réparations flottant pour ses unités de surface et ses sous-marins, ce qui éviterait de longs et coûteux transferts d’unités entre Tartous et les flottes de Baltique ou de mer Noire, en cohérence avec les travaux d’extension déjà réalisés sur la base aérienne de Hmeimim [22]. De fait, Moscou déploie désormais en Méditerranée orientale les mêmes capacités de déni d’accès qu’en mer Noire. DEFENSE DE L’AVANT AU-DELA DES ZONES BASTIONS Au-delà de son glacis sécuritaire et de ses zones bastions, la marine russe a largement accru, au 2e semestre 2021, sa présence dans des zones auparavant peu accoutumées à une présence navale russe. Dans le Pacifique, elle [23] a effectué mi-juin 2021 des exercices inédits au large de l’archipel américain des îles Hawaï, dont l’un des buts semblait l’entraînement à des frappes contre un groupe aéronaval américain et ses bases logistiques. La proximité de cet exercice avec l’île d’Oahu à 30 nautiques à certains moments, la zone de l’exercice se situant toutefois à 300 nautiques à l’ouest de l’archipel et surtout la conjonction d’un raid d’avions russes à long rayon d’action Tu-95 et Tu-142 venant du Kamchatka, accompagnés de chasseurs Mig-31 et de ravitailleurs Il-78 en direction de l’archipel américain ont entraîné des décollages sur alerte de la permanence opérationnelle américaine d’Hawaï et l’envoi sur zone du groupe aéronaval Carl Vinson[24]. Cet exercice de projection à longue distance de la marine russe du Pacifique, à 2 500 nautiques des îles Kouriles, s’est déroulé alors que le président américain rencontrait pour la première fois à Genève son homologue russe. La présence de ces navires russes est intervenue également au moment où les États-Unis devaient mener des tests de défense anti-missiles entre l’Alaska, l’archipel hawaïen et l’atoll de Kwajalein îles Marshall, perturbant sans doute quelque peu les essais. Cette pratique russe est devenue récurrente, des bâtiments de renseignement russes se déplaçant régulièrement depuis le début de l’année dans les zones américaines d’essais militaires dans le Pacifique[25]. Si la volonté russe de conduire des déploiements lointains près des approches américaines était déjà connue sur la côte atlantique[26], Moscou a toutefois ajouté Hawaï et le centre du Pacifique à ses zones d’action habituelles. En 2020, le SSGN Omsk avait ainsi fait surface au large de l’Alaska, au terme d’exercices navals russes conséquents dans la même zone. Ces déploiements inédits dans le Pacifique, au plus près des territoires américains, démontrent la volonté délibérée de la Russie de maintenir un rapport de force ouvert avec les États-Unis, en soutien possible de la Chine, et ce alors que la flotte russe du Pacifique ne semblait jusque-là avoir comme seuls objectifs la protection de son bastion de la mer d’Okhotsk[27] et le déni d’accès dans le détroit de Béring. Le continent africain est également redevenu un centre d’intérêt pour la Russie qui a déployé ses mercenaires de la société Wagner au Mozambique, en Libye, en Centrafrique et sans doute au Sahel. Cette appétence russe pour l’Afrique s’est publiquement manifestée en octobre 2019 par la tenue d’un sommet Russie/Afrique à Sotchi, réunissant plusieurs dizaines d’États africains. Si l’intérêt russe est avant tout économique accès aux richesses minières et aux hydrocarbures, il est aussi politique[28] et militaire. Moscou s’est ainsi impliqué au Soudan et sa marine tente d’obtenir l’autorisation des autorités soudanaises pour la création d’une base navale à Port-Soudan, qui sera ainsi potentiellement un point d’appui de choix des forces navales russes pour le Moyen-Orient et la côte est-africaine[29]. Sur la côte ouest de l’Afrique, la République du Congo pourrait devenir le prochain point d’appui naval russe. En effet, Brazzaville avait signé en mai 2019 un accord avec Moscou pour la venue d’experts militaires russes, notamment pour l’entretien d’équipements anciens d’origine soviétique. Un second accord aurait été signé en octobre 2019 et mis en vigueur en juin 2021[30]. Ce dernier accord prévoirait la possibilité de déployer des bâtiments et aéronefs militaires russes au Congo, afin de lutter contre la piraterie maritime et le terrorisme, ouvrant ainsi la voie potentielle à une implantation militaire russe plus pérenne à Pointe-Noire et Brazzaville. Le Nigeria pourrait aussi devenir à terme un futur point d’appui pour Moscou grâce à un accord de coopération signé le 23 août 2021, essentiellement lié à la formation de personnel et la maintenance de matériel, et ce alors que la Russie doit livrer une vingtaine d’hélicoptères militaires de transport à ce pays. Là encore, la lutte contre le terrorisme ou la piraterie, maux endémiques de cette région, est instrumentalisée de façon très pragmatique par Moscou tant pour y établir des points d’appui militaires que pour gagner des parts de marché pour son industrie de défense, l’Afrique représentant déjà 30 à 40 % de ses exportations d’armement[31]. Cet intérêt renouvelé de la flotte russe pour le grand large, bien au-delà des zones d’action habituelles de son glacis sécuritaire, est à rapprocher de la fonction politique autrefois occupée par la marine soviétique. En effet, à partir des années 1980, la marine soviétique, sans pouvoir rivaliser avec la marine américaine[32], était présente sur toutes les mers, démontrant que l’URSS était une superpuissance comme les États-Unis, même si sa vulnérabilité en cas de guerre était avérée. La marine russe semble aujourd’hui faire de même et cherche à promouvoir le rang et le statut de la Russie dans les affaires internationales, notamment vis-à -vis des États-Unis et de la Chine. LE DEVELOPPEMENT VOLONTARISTE DE NOUVELLES CAPACITES OFFENSIVES L’activisme naval russe se fonde également sur le développement intensif de nouvelles capacités offensives qui permettent aux forces russes de mettre en œuvre une forme de dissuasion conventionnelle régionale [33] l’ayant fait passer au rang de puissance navale continentale[34] ». Ces capacités, si elles ne permettent pas à la Russie de concurrencer les États-Unis comme puissance maritime dominante, renforcent considérablement son poids de puissance maritime perturbatrice dans la lignée des guerres de course aéronavales et sous-marines menées par l’Allemagne lors des deux guerres mondiales et planifiées par l’URSS pendant la guerre froide. De plus, la flotte russe peut désormais, à partir de la mer Noire et de la mer Caspienne, frapper avec des missiles de croisière une vaste zone s’étendant de l’Europe de l’Est à l’Asie centrale, en passant par le Moyen-Orient. Cette zone, qui peut dès lors devenir un glacis sécuritaire russe, est protégée par la bulle de déni d’accès russe établie en Syrie. Ce glacis élargi par la menace de nouvelles armes russes correspond d’ailleurs au Rimland défini classiquement par la géopolitique américaine. Les capacités offensives de la marine russe sont aujourd’hui en mesure de connaître un nouveau bond en avant avec le développement intensif d’armes supersoniques. Le président Vladimir Poutine a assuré, le 25 juillet 2021, que la Russie avait gagné sa place parmi les principales puissances maritimes mondiales » en ayant développé une aviation navale efficace à courte et longue distances, des systèmes de défense côtière fiables et des armes hypersoniques de haute précision, qui n’ont pas d’équivalent dans le monde et qui continuent d’être améliorées constamment et avec succès »[35]. Parmi ces armes de rupture figurent le missile hypersonique nouvelle génération Avangard[36], qui revendique atteindre une vitesse de Mach 27, de changer de cap et d’altitude, mais surtout le Zirkon[37], testé avec succès fin 2021. Ce dernier a effectué son dernier test sur une cible terrestre à sa portée maximale à partir de la frégate Admiral Gorshkov, le 19 juillet, depuis la mer Blanche[38]. Le 4 octobre 2021, cela a été au tour du sous-marin d’attaque Severodvinsk classe Yasen de tester ce missile depuis la mer de Barents, ce qui représentait une première mondiale. Enfin, Vladimir Poutine a annoncé très officiellement, le 24 décembre 2021, un tir d’essai réussi d’une salve de missiles Zirkon[39]. Dans le domaine des armes hypersoniques, la Russie semble donc avoir l’avantage par rapport aux États-Unis qui ne disposent pas encore, malgré leurs intentions, d’armes opérationnelles de ce type, notamment sur leurs plateformes navales. Moscou prévoit désormais la mise en service opérationnel de cette arme dans ses forces navales et ses batteries côtières en 2022, et pour les forces sous-marines en 2024, les essais étant presque achevés et concluants. Sur le plan aérien, le missile hypersonique air-mer Kinjal est déjà en service, en particulier sur Mig-31K. Il a d’ailleurs été déployé pour des exercices dans les zones bastions de la Russie. Deux unités de l’aéronavale russe devraient être dotées de missiles supersoniques de type Kinjal, l’une pour la flotte du Nord, l’autre pour la flotte du Pacifique. De fait, l’arme hypersonique va devenir le fer de lance des forces navales et aériennes russes pour la défense, même éloignée, de leurs bastions, propulsant dès lors la marine russe dans le premier cercle des puissances capables de faire peser une menace mortelle en mer, malgré un tonnage peu élevé et un manque de porte-aéronefs. En cohérence avec sa vocation de puissance continentale, la construction navale de la Russie se focalise en effet toujours sur la mise en service de sous-marins et d’unités légères de type corvette ou frégate, moins chères et plus faciles à fabriquer en série, comme outils de gesticulation politique de temps de paix et d’opérations d’interdiction en temps de guerre. À titre d’exemple, le président Poutine a participé, le 23 août 2021, à une cérémonie de découpage des premières tôles pour 4 sous-marins deux SNLE de type Boreï et deux SSK de type Kilo-636I et deux corvettes types Steregushchiy et Gremyashchiy, rappelant l’importance d’une flotte puissante pour défendre les intérêts de Moscou sur l’ensemble des mers du globe[40] ». ***** La compétition technologique et géopolitique entre les marines anglo-saxonnes et les forces navales russes va se renforcer alors que les sujets de friction entre ces deux blocs ne manquent pas, comme le montre d’ailleurs le nouvel épisode de crispation ukrainienne. Cette compétition, au-delà des seuls bastions russes ou des théâtres traditionnels de l’Atlantique et du Pacifique nord, pourrait également déborder à terme le long des côtes africaines, vastes espaces lacunaires où la présence occidentale est notoirement absente. En effet, le continent africain, riche en ressources minières et pétrolières golfe de Guinée, Mozambique, pourrait voir à terme le déploiement de groupes navals russes, voire l’établissement de points d’appui qui consolideraient l’effort fait ces dernières années sur ce continent par les sociétés paraétatiques russes. Le risque serait alors de voir l’Europe stratégiquement encerclée par un arc de sécurité énergétique russe s’étendant de l’Arctique au golfe de Guinée, passant par la Baltique, la mer Noire, la Méditerranée et la mer Rouge, celui-ci complétant une défense de l’avant de plus en plus ostensible en Atlantique nord. Le nouveau dynamisme naval russe, facteur de puissance pour le Kremlin
detroit reunissant l atlantique a la mediterranee