Unesorcière, ou magicienne, est une femme qui pratique la sorcellerie et la magie.Dans le monde occidental, la sorcière est longuement associée à une symbolique négative, au pouvoir de voler sur un balai, à sa fréquentation de sabbats, et à la chasse aux sorcières.Malgré les difficultés consistant à chiffrer les femmes victimes des chasses aux sorcières, les estimations sont de
Ilse dit victime « de la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire des États-Unis ». Il s’est tu pendant les six heures de l’audition, en invoquant la Constitution américaine.
Captured'écran Twitter @WitchBlocParis / DR. Entre 1563 et 1736, une chasse aux sorcières frénétique a eu lieu en Écosse : environ 4000
LaChasse aux sorcières. À Salem, la rumeur gronde : le village abriterait des sorcières. La jeune et belle Abigail, soupçonnée, se défend en accusant des notables, dont la femme de John Proctor. C’est pour elle l’occasion de se venger de John, qui l’avait quittée après leur liaison adultère. Alors que commencent les pendaisons
CodyCross Réponse » Arts culinaires Groupe 130 » Grille 3 » Il a initié "la chasse aux sorcières" aux USA Le jeu simple et addictif CodyCross est le genre de jeu où tout le monde a tôt ou tard besoin d’aide supplémentaire, car lorsque vous passez des niveaux simples, de nouveaux deviennent de plus en plus difficiles.
FjvUdx. Article réservé aux abonnés Le Dr Claude Olievenstein vient de publier le rapport annuel du Centre Marmottan 1, qui, tout en donnant des indications sur la marche de l'institution, fait à chaque début d'année le point sur le phénomène de la drogue. " Le mérite de Marmottan est d'être le clignotant qui indique une situation ", peut-on lire dans le rapport pour 1979. L'an dernier, le centre a reçu 1 685 nouveaux toxicomanes et procédé à 12 196 consultations. Les principes de l'institution restent les mêmes accueil libéral, volontaire et anonyme. " Que l'on n'attende pas de nous de sacrifier à un ordre nouveau ou à des méthodes comportementalistes qui semblent avoir une certaine faveur aujourd'hui ", écrit le directeur du centre, qui estime, d'autre part, que les méthodes en vigueur à Marmottan obtiennent les résultats en chiffres réels concernant les toxicomanies lourdes " parmi les meilleurs mondiaux ". L'établissement de postcure La Gentillade, situé dans le Lot, et qui dépend du Centre Marmottan, aurait atteint, entre 1974 et 1978, un pourcentage de succès de 40 à 45 %. Pour le Dr Olievenstein, " la flambée de la toxicomanie est générale et multiforme ". Tout en reconnaissant les efforts de Mme Monique Pelletier, ministre délégué auprès du premier ministre, et de M. Jacques Barrot, ministre de la santé, il déplore l'attitude trop fréquente de l'administration " qui n'évoque qu'une alternative normaliser ou punir ". Le directeur de Marmottan s'alarme particulièrement du " renouveau de l'hystérie, de la chasse aux sorcières, en ce qui concerne le haschisch ". Cette attitude ne permet pas, selon lui, d'aborder scientifiquement et sereinement les problèmes posés par la toxicomanie. Le Dr Olievenstein conclut en rappelant, comme il a l'habitude de le faire le Monde du 23 février 1979, l'aspect social de la toxicomanie. " S'il existe des toxicomanes malades, faut-il que cette maladie soit bien particulièrement liée à un fait social pour qu'elle ait augmenté de 500 % en dix ans... Si la drogue vient jusqu'à Liverdun 2, c'est peut-être parce que, même dans cette petite ville paisible, l'avenir est bouché. " Il vous reste de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Découvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois ordinateur, téléphone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
A peine désigné par les militants de son parti pour succéder au président déchu, Alpha Condé, absent du pays pour cause de maladie, l'ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana, connaît ses premiers ennuis judiciaires véritables. Lui et trois anciens membres du dernier gouvernement de l'ex président ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry, ce mercredi - avril 2022 après-midi. Les trois hommes sont accusés de faits présumés d'enrichissement illicite et de détournements de deniers publics, suite à des enquêtes initiées par la cour de répression des infractions économiques et financières. Ces arrestations interviennent alors que la junte au pouvoir clame à qui veut l'entendre qu'il n'y a pas de chasse de sorcières en Guinée. La semaine passée également, des résidences d'anciens barrons avaient été prises pour cibles et détruites au quartier de la Cité ministérielle, à Conakry. Plusieurs résidences cossues y avaient également été démolies Il s'agit des résidences du premier ministre et opposant Cellou Dalein Diallo et de Sidya Touré. Les autorités de transition avaient confirmé la destruction d'une partie des logements de la Cité ministérielle, évoquant officiellement une raison de non conformité au normes de l'habitat. Argument vite balayé du revers de la main par Cellou Dalein Diallo. Ce qui se passe actuellement à l'encontre des ex barrons pourrait être assimilé à un règlement de compte ou une chasse aux sorcières. Pedro, avec Rfi Content created and supplied by Pedro via Opera News Opera News is a free to use platform and the views and opinions expressed herein are solely those of the author and do not represent, reflect or express the views of Opera News. Any/all written content and images displayed are provided by the blogger/author, appear herein as submitted by the blogger/author and are unedited by Opera News. Opera News does not consent to nor does it condone the posting of any content that violates the rights including the copyrights of any third party, nor content that may malign, inter alia, any religion, ethnic group, organization, gender, company, or individual. Opera News furthermore does not condone the use of our platform for the purposes encouraging/endorsing hate speech, violation of human rights and/or utterances of a defamatory nature. If the content contained herein violates any of your rights, including those of copyright, and/or violates any the above mentioned factors, you are requested to immediately notify us using via the following email address operanews-externalat and/or report the article using the available reporting functionality built into our Platform See More
Salem 1692, dans une colonie protestante, deux jeunes filles, Betty Paris 9 ans et Abigail Williams 11 ans, s’adonnent naïvement à l’art de la divination, avec Tituba, servante originaire de la Barbade. S’étant effrayées elles-mêmes, et comme prises à leur propre jeu, les jeunes filles adoptent soudain un comportement étrange et suspicieux. Les autorités du village, ayant remarqué ces changements, les placent devant un dilemme ou bien elles se sont livrées volontairement à des activités sataniques auquel cas elles recevront un sévère châtiment ou bien elles ont été envoutées par d’autres auquel cas elles doivent révéler leur identité. Pour sauver leur vie, elles choisissent la seconde option et accusent de sorcellerie d’abord trois femmes Sarah Good, Sarah Osborne et Tituba elle-même. S’enclenche alors le cercle vicieux des condamnations à Salem parmi les accusés, seuls ceux qui reconnaissent leurs actes de sorcellerie » et acceptent de livrer leurs collaborateurs » sont épargnés. Les autres sont pendus. Ainsi meurent 14 femmes, 6 hommes et 2 chiens. Le maccarthysme Wheeling en Virginie 1950, début de la guerre froide, Joseph McCarthy dénonce la présence de communistes au sein même du département d’État américain. 1953, Arthur Miller écrit la pièce The Crucible Les Sorcières de Salem, pour dénoncer ce nouveau mouvement initié par McCarthy, qualifié de chasse aux communistes ». Pour ce faire, il reprend la sombre histoire de Salem, ne changeant que quelques circonstances, pour unifier le récit. Jamais la pièce de Miller n’aborde directement le maccarthysme. Sa force réside proprement en cela elle laisse le spectateur de l’époque faire lui-même les liens. Qui veut rejouer la pièce se retrouve devant la question suivante qu’est-ce qui ressemble à une chasse aux sorcières aujourd’hui ? Comment l’identifier ? » D’ailleurs, le lecteur de The Crucible s’étonnera de constater que la pièce ne porte pas vraiment non plus sur la sorcellerie. Miller se sert plutôt de ce moment historique pour dépeindre une réalité plus universelle, celle des persécutions et des accusations idéologiques. La nouvelle chasse aux sorcières Montréal, novembre 2021, la pièce de Miller est montée de nouveau, au théâtre Denise-Pelletier. Sa pertinence doit résider encore dans une analogie avec la société actuelle. Qui veut rejouer la pièce se retrouve devant la question suivante qu’est-ce qui ressemble à une chasse aux sorcières aujourd’hui ? Comment l’identifier ? Certains y voient un parallèle avec le mouvement MeToo, d’autres avec le complotisme en temps de pandémie, d’autres encore avec la pensée woke et la cancel culture. L’équipe artistique engagée par le théâtre Denise-Pelletier prend pour sa part un point de vue différent. Elle rejette l’analogie avec le mouvement MeToo et veut plutôt présenter une lecture féministe » de la pièce. Pour elle, il s’agit de mettre en évidence que ce sont en fait les jeunes accusatrices les réelles victimes à Salem, étant manipulées par les autorités de l’époque. Cette lecture veut même redorer la figure de la sorcière, emblème du féminisme. Ainsi choisit-elle Tituba comme personnage principal – probablement la seule véritable sorcière » de toute cette histoire – au lieu de John Proctor, l’homme blanc. Une tragédie de l’individu Les Sorcières de Salem, affirme encore l’équipe artistique, illustre les conséquences du manque d’éducation sur une société. Cette dernière lecture trahit toutefois, selon moi, l’intention de la pièce de Miller, car ce sont les plus éduqués, les juges, qui agissent le plus injustement. En outre, la plus brillante des accusatrices, Abigail, se révèle aussi la plus méchante. Oui, mais en 1692, tout le monde manquait d’éducation. Le puritanisme, branche du protestantisme, obscurcissait les esprits à Salem », me répondra-t-on. Un classique de l’idéologie des temps présents s’imaginer débile » tout ce qui est de l’ordre du passé. Mais supposons que tout le monde manquait d’éducation en 1692. Que dire alors de la chasse aux communistes, cette autre idéologie ? Encore le manque d’éducation ? Hannah Arendt, dans l’une de ses lettres, dénonce que la chasse aux rouges » se déroulait en fait particulièrement dans les universités américaines, dans les lieux de savoir. Ainsi faut-il selon moi arrêter d’expliquer tout mouvement idéologique par le manque d’éducation » et rechercher plus en profondeur les véritables causes. Ces causes, me semble-t-il, se trouvent dans l’individu. Car une société ne chasse pas les sorcières », si aucun individu ne le fait. C’est l’intuition même de Miller. Dans l’une de ses lettres, il explique que sa pièce ne traduit pas d’abord une obsession à dénoncer le maccarthysme, mais veut surtout dépeindre l’expérience commune la plus partagée par l’humanité, à savoir les changements d’intérêts qui transforment des époux aimants en froids ennemis, des parents aimants en indifférents superviseurs ou même exploiteurs de leurs enfants… ce qu’on appelle les bris de charité les uns envers les autres. » Tu ne jugeras point Tu ne jugeras point », a dit le Christ. D’accord, mais il nous a aussi demandé de nous corriger réciproquement. Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. » Mt 18, 15 Or corriger, c’est juger. C’est dire que tout jugement n’est pas mauvais. Il y a des crimes évidents, qu’il faut à juste titre dénoncer. Le problème, c’est que bien des fois, en jugeant les autres, nous outrepassons notre savoir. Les juges, dans Les Sorcières de Salem, reconnaissent enquêter sur une réalité invisible, la sorcellerie, d’où l’impossibilité pour eux de juger adéquatement et d’où leurs raisonnements fallacieux. De même en est-il trop souvent pour nous. Les pensées, les sentiments, la liberté, l’histoire personnelle, la relation avec Dieu… tout cela demeure foncièrement invisible et nous échappe. Juger de l’autre en ces domaines, c’est nécessairement faire acte de présomption. Ce n’est pas le manque d’éducation qui fait de nous des inquisiteurs injustes. C’est le fait de se croire faussement parfaitement éduqué ». C’est la prétention orgueilleuse à la connaissance des choses cachées, qui n’appartiennent qu’à l’autre. Paradoxalement, même, le fait d’être très éduqué mène souvent à cette prétention. Ça s’appelle en philosophie de la double ignorance… Il apparait préférable que dix sorcières suspectées puissent s’échapper, plutôt qu’une personne innocente soit condamnée ». La chasse aux sorcières a pris fin au Massachusetts quand les juges ont reconnu leur incapacité à juger avec certitude. De même, nous gagnerions, dans notre humble quotidien, à suivre ce précepte et à préférer, dans l’incertitude, risquer l’erreur de juger favorablement un méchant plutôt que défavorablement un homme bon.
Article réservé aux abonnés Le poids de l'autorité sur le citoyen est si lourd, traditionnellement dans notre pays, que les excès d'autoritarisme, les abus des représentants, si modestes qu'ils tussent, de la puissance publique, les tracasseries et les soupçons, n'étonnent pas et n'émeuvent guère. Cependant, de temps à autre, la main du pouvoir s'appesantit un peu plus que de coutume et, pour tout dire, un peu plus qu'il n'est admissible. C'est, semble-t-il, le cas en ce moment. M. Marcellin, aujourd'hui, n'est pas en cause, bien que les expulsions, les lettres de cachet, les décisions régaliennes et sans appel qu'il multiplie à plaisir, manifestent avec éclat l'esprit de coercition et de répression préventive qui guide l'action du ministre de l'intérieur Mais cette politique et ces méthodes sont si anciennes et si largement mises en œuvre qu'on en a pris l'habitude et qu'elles finissent par paraître normales. Voici que M. Malaud, dans l'affaire de l' illustre un autre aspect de la même doctrine et de la même pratique qui font de l'État l'ennemi du citoyen, a priori suspect et présumé coupable aux yeux des détenteurs de l'autorité et des gardiens de l'ordre. Mécontent de la radio et de la télévision, le ministre de l'information, en effet, taule de pouvoir régler son compte au président-directeur général de l'Office, se rabat sur un moins gros gibier et entame allégrement la chasse aux sorcières. À défaut de M. Arthur Conte, ce seront donc ses collaborateurs et les journalistes qui feront les trais de l'ire du ministre. Ce dernier adresse une lettre personnelle non au président de l'Office, mais à son second, issus de la même promotion de l' ce sont des amis de longue date, qui se tutoient. Dans cette lettre. M. Malaud assure qu'une chaîne de l'Office - France-Culture - est aux mains des communistes et de la ; il dénonce nommément ceux qu'il rend responsables de cette situation pour commencer, Jacques Sallebert, directeur de la radio, Agathe, Mella, directrice de France-Culture. Qu'on les chasse, et avec eux tous les journalistes " politiquement engagés " - ce qui signifie, naturellement, tous ceux qui ne pensent pas exactement comme " Je n'ai jamais fait de politique ", proteste Sallebert. Et,dans l'Humanité, René Andrieu lui délivre un brevet d'anticommunisme " Rendons-lui cette justice il s'est toujours comporté comme notre adversaire déterminé. " Peu importe M. Malaud exige des têtes, et ses victimes seront frappées d'infamie rétroactive. Il vous reste de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Découvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois ordinateur, téléphone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
La chasse aux sorcières fait rage en Europe entre 1450 et 1750. Si elle s’adosse à une tradition orale, populaire et folklorique, la question de la sorcellerie est institutionnalisée par des clercs puis des laïcs, qui prennent part au débat en rédigeant des traités. La Bibliothèque Diderot de Lyon possède notamment dans ses collections trois ouvrages sur le thème, parus dans la seconde moitié du XVIème siècle – période particulièrement troublée, qui voit une recrudescence de la chasse aux sorcières. Il s’agit du Malleus Maleficarum ou Marteau des Sorcières, du De Praestigiis daemonum traduit par la suite en français De l’Imposture et tromperie des diables et de la Démonomanie des Sorciers. Ces trois œuvres dialoguent et s’affrontent sur la réalité du fait de sorcellerie, dans une querelle érudite, souvent âpre, où se mêlent théologie, droit et médecine. Le Malleus Maleficarum l’archétype du manuel de chasse aux sorcières En 1484, le pape Innocent VIII condamne l’hérésie des sorcières par une bulle, sous l’autorité explicite de laquelle deux inquisiteurs dominicains allemands, Henri Institoris et Jacques Sprenger, rédigent en 1486 le Malleus. Reproduction du contenu de la bulle d’innocent VIII, au seuil du texte L’imprimerie offre une caisse de résonance au traité, véritable “succès de librairie”, qui fait l’objet d’au moins 35 éditions soit une estimation de 30 000 exemplaires mis en circulation entre 1486 et 1669, surtout à Lyon et dans la partie rhénane de l’Allemagne. L’édition de la BDL date de 1588, soit un moment de pic dans la chasse. Il est imprimé par Nikolaus Bassaeus à Francfort, pour le libraire strasbourgeois Lazare Zetzner. L’ouvrage est de nature double, à la fois théorique et pratique, ce que révèle sa structure. Les deux premières parties débattent ainsi de questions théologiques. Il s’agit notamment de montrer que la sorcellerie existe bel et bien et qu’elle ne relève pas seulement de l’imagination de celui qui la pratique. Elle résulte d’un pacte avec le diable, bien qu’elle reste bornée par les limites de la Loi Divine, qu’elle ne saurait outrepasser… Á cet égard, le livre se présente comme une synthèse du savoir démonologique, examiné au prisme de la tradition chrétienne – d’où la présence d’un certain imaginaire folklorique aux origines obscures, phagocyté de longue date par la théologie, comme ici la lycanthropie déjà commentée par Augustin ou Thomas Chapitre VIII De la manière dont les hommes prennent l’apparence de bêtes La troisième partie traite de manière pratique de l’instruction du procès en sorcellerie ce qui fait qu’un témoin est légitime, ce qui constitue une preuve suffisante, les nombreux cas où l’on peut user de la torture ou de la fausse promesse de relaxe afin d’obtenir l’aveu. Ce double aspect en fait un outil fondamental pour l’inquisiteur, qu’il prenne la figure du prêtre puis du juge laïc, dans un second temps. Les Praestigiis daemonum le regard d’un médecin C’est en tant que médecin » que le Rhénan Jean Wier prend la plume. Il est le disciple de Cornelius Agrippa, célèbre occultiste, déjà opposé aux procès de sorcellerie. Wier écrit dans une certaine mesure contre le Malleus, qu’il cite au moins quinze fois, preuve de l’importance du manuel. Signature de l’épître au lecteur Cette autorité médicale a son importance puisqu’elle fait l’originalité de l’œuvre de Jean Wier. Pour lui, les sorcières sont victimes de l’illusion du diable elles croient accomplir horreurs et prodiges, mais il n’en est rien. Cela lui permet d’expliquer, au regard de la médecine humorale, pourquoi les femmes, d’un naturel plus mélancolique que les hommes, sont prédisposées à se croire sorcières l’imagination débridée des atrabilaires en fait des cibles parfaites pour le Démon. Aussi invoque-t-il la clémence à leur égard, au motif qu’elles ne peuvent être coupables de ce dont on les accuse. Voici par exemple ce qu’il écrit, à propos d’une femme qui confesse avoir passé un pacte et eu des rapports charnels avec Satan, lequel lui serait apparu comme un grand homme vêtu de noir p. 457 Il faut certainement punir ces ignominies, si elles sont vraies. Et cependant, vous voyez que cette faible femme à l’esprit malade a failli se pendre, et que le contrat qu’elle a passé avec son amant imaginaire est soit inventé, soit dépourvu de valeur […]. Il lui est apparu, sous une forme qu’elle a imaginée, comme portant des vêtements… alors qu’un esprit serait nécessairement exempt de tout habit et de toute couleur. »L’exemplaire de la BDL est édité par l’imprimeur-libraire Jean Oporin, en 1563. Il existe au moins une autre édition parue cette même année. L’ouvrage rencontre cependant un succès beaucoup moins important que le Malleus, même si des lettrés que l’on rattache au scepticisme, comme Montaigne, lui accordent un certain crédit. Par la suite, la psychiatrie a voulu voir en Wier un précurseur dans la reconnaissance des pathologies mentales. La Démonomanie le regard d’un juriste Par sa structure globale, décalquée sur le Malleus, la Démonomanie des sorciers est conçue comme un nouveau manuel de chasse aux sorcières, à destination des juges – l’auteur n’étant pas lui-même inquisiteur. Jean Bodin, célèbre juriste français, est en effet surtout connu pour les Six Livres de la République 1576, un ouvrage où il se fait le théoricien de l’absolutisme royal et où transparait une conception de l’état moderne. On peut ainsi interpréter sa véhémence envers les sorciers comme une réaction au désordre que connaît l’État au XVIe siècle au corps civil, avec à sa tête le roi représentant de Dieu, s’opposerait l’anti-république des sorciers, guidés par Satan. Les sorciers représenteraient donc une menace bien réelle pour la paix sociale, ce qui justifierait leur extermination. On comprend que cette perspective est totalement inconciliable avec celle de Jean Wier. La Démonomanie des Sorciers de Bodin se clôt justement sur un appendice conséquent qui offre une clé de lecture de l’œuvre la Réfutation des opinions de Jean Wier ». Bodin s’en prend donc très violemment au médecin qui ne peut pas rivaliser sur le plan théorique et au regard des connaissances de l’époque. Bodin rappelle d’ailleurs à Wier qu’il n’est qu’un physicien », et qu’il ferait mieux de ne pas se mêler de questions métaphysiques. Dans la conclusion de l’ouvrage, Bodin cède totalement et de son aveu même à l’aigreur. Il range Wier dans le camp des sorciers, et lui oppose tous les savants du monde ! L’édition de la BDL date de 1593. L’ouvrage a été imprimé à Anvers par Arnould Coninx pour le libraire Jehan Keerberghe. Le livre connaît un succès assez important, surtout en province, mais il est moins bien reçu dans le milieu du droit parisien. Le Parlement de Paris condamne de moins en moins les sorcières et va jusqu’à casser les jugements de tribunaux provinciaux en la matière. Il se pourrait même que la Démonomanie ait coûté à son auteur des perspectives dans sa carrière de magistrat. La chasse aux sorcières est à la fin du siècle sur le déclin pour ce qui concerne la France. L’Etat, à mesure qu’il se centralise, impose en la matière les jurisprudences parisiennes, plus rationalisantes, qui remettent en cause l’existence de la sorcellerie. Mais la traque n’est pas totalement morte ; elle se poursuit dans des régions de tensions, notamment aux frontières du royaume, et continue à faire l’objet de publication et de rééditions la BDL possède d’ailleurs la dernière édition du Malleus, qui date de 1669 ! Billet rédigé par Adrien Gautier, Master 1 de Lettres Modernes – ENS de Lyon Bibliographie Sprenger, Jakob ; Instoris, Henricus, Malleus maleficarum de lamiis et strigibus, et sagis, aliisque magis & daemoniacis … tractatus aliquot tam veterum quam recentiorum auctorum, 1588 [Rés 2 43214] Sprenger, Jakob ; Instoris, Henricus, le Marteau des sorcières, 1973, éd. commentée Amand Danet Bodin, Jean, De la Demonomanie des sorciers de nouueau reuu & corrigé oultre les precedentes impressions par I. Bodin angevin, 1593 [Rés 2 68449] Bodin, Jean, De la Démonomanie des sorciers, 2016, éd. commentée Krause, Martin, MacPhail Wier, Johann, De praestigiis daemonum, et incantationibus ac veneficijs, libri V, recogniti, authore Ioanne Wiero medico. Totius operis argumentum in praefatione comperies, 1563 [Rés 2 43167] Levack, Brian P., La grande chasse aux sorcières en Europe aux débuts des temps modernes, 1991 Notice biographique de Nikolaus Basse Notice biographique de Johann Oporinus
il a initié la chasse aux sorcières