Entermes modernes, un bouc Ă©missaire est souvent un membre d’une organisation qui est tenu pour responsable des dĂ©faillances ou des lacunes de l’ensemble du groupe. Le directeur financier d’une entreprise en faillite peut ĂȘtre tenu responsable de ses dĂ©faillances financiĂšres, par exemple. Un cadre en disgrĂące peut ĂȘtre blĂąmĂ© pour les actes rĂ©prĂ©hensibles d’une entreprise Deplus, il ne pourra ĂȘtre accusĂ© d’avoir agi trop fermement sans avoir donnĂ© un avertissement prĂ©alable et sans avoir donnĂ© la chance aux personnes concernĂ©es de se AccĂšsplus rapide que le navigateur! Bouc Ă©missaire ''The Scapegoat'' (''Le Bouc Ă©missaire''), tableau de William Holman Hunt, 1854-1856 Un bouc Ă©missaire est un individu, un groupe, une organisation, etc., choisi(e) pour endosser une responsabilitĂ© ou une faute pour laquelle il/elle est, totalement ou partiellement, innocent(e). 91 relations: Abel Pann, Affaire Dreyfus, Agnus Dei aiderl’enfant « bouc Ă©missaire » Ă  ne plus l’ĂȘtre, et pour cela, identifier quelles sont les ressources Ă  sa disposition. 3 ThĂšme du mĂ©moire professionnel Depuis mon enfance, j’ai Ă©tĂ© confrontĂ©e Ă  la problĂ©matique du bouc Ă©missaire. D’abord je l’ai Ă©tĂ© moi-mĂȘme, pendant plusieurs annĂ©es, et maintenant, je l’observe depuis l’extĂ©rieur, car ce sont certains de Loins’en faut et, au-delĂ  du cas Danone, cette notion est un bouc Ă©missaire certes pratique, mais qui masque la vraie question de la gouvernance et de l’innovation. Cette accusation est THNm8rm. Le bouc Ă©missaire toujours coupable ! La dĂ©signation d’un bouc Ă©missaire est un comportement observĂ© dans plusieurs communautĂ© un groupe choisit une personne qui est ensuite ostracisĂ©e et doit endosser Ă  titre individuel une responsabilitĂ© collective. ThĂ©orie fondĂ©e sur la thĂ©orie de la frustration-agression, celle du bouc-Ă©missaire dit qu’un groupe composĂ© d’individus diffĂ©rents peut se servir d’un bouc Ă©missaire pour s’unir ou se rĂ©unir. Ce comportement rĂ©sulte d’une frustration, c’est-Ă -dire d’une impossibilitĂ© d’atteindre ses objectifs. L’agression est tournĂ©e de maniĂšre privilĂ©giĂ©e vers la source de la frustration, mĂȘme si celle-ci est absente ou non accessible hiĂ©rarchie, l’agression est dĂ©placĂ©e vers un bouc Ă©missaire, la cible la plus facile. Tout le monde connaĂźt le mĂ©canisme du bouc Ă©missaire » qui consiste Ă  accuser un individu d’ĂȘtre Ă  l’origine des maux dont peut souffrir la collectivitĂ© dans son ensemble. A priori, tout le monde s’accorde Ă  dire que c’est dangereux et injuste mais le mĂ©canisme ne cesse de se reproduire en changeant de forme et de victime. Aurait-il une fonction rĂ©gulatrice si primordiale que les communautĂ©s ne puissent pas s’en passer ? DiffĂ©rent des autres. Quoi qu’il se passe dans une communautĂ©, tous les gens trouvent que c’est la faute de Untel » un manteau est dĂ©chirĂ©, on perd le match de hockey, il y a des paroles qui dĂ©rangent, c’est toujours Untel qui est dĂ©signĂ© coupable. Pourtant, Untel n’abĂźme pas les manteaux, joue trĂšs bien au hockey, et ne fait rien de plus qu’un autre ! Untel est ce qu’on appelle un bouc Ă©missaire » tout ce qui va mal est dĂ©signĂ© par le groupe comme Ă©tant de sa faute. Pourquoi un individu prĂ©cis devient-il le bouc Ă©missaire » ? Souvent parce qu’il est, en quelque chose, diffĂ©rent des autres Parce qu’il est excelle dans son domaine, qu’il rĂ©ussit, ce que les autres ne supportent pas. Parce qu’il est trĂšs petit, trĂšs gros, trĂšs sensible, de race, de couleur de culture diffĂ©rentes et qu’il est souvent pas natif du lieu ou il habite. Le bouc Ă©missaire est donc celui qu’un groupe accuse de toutes les fautes et de tous les malheurs. Il est dĂ©signĂ© coupable et responsable de tout ce qui va mal. Quelques exemples Les boucs Ă©missaires ont toujours existĂ©. On les retrouve dans tous les groupes, qu’elle qu’en soit la dimension familles, Ă©coles, usines, clubs , bureaux, nations, 
 partout oĂč quelques personnes sont rassemblĂ©es, le phĂ©nomĂšne surgit. Le bouc Ă©missaire d’un groupe peut ĂȘtre, une seule personne, un groupe de population, un ou plusieurs animaux, un Ă©lĂ©ment naturel, un concept plus abstrait. Exemples Il est plus facile d’accuser un entraĂźneur ou un gardien de but que de trouver pourquoi toute une Ă©quipe de football perd. Les immigrĂ©s sont souvent des boucs Ă©missaires, comme fausse explication aux problĂšmes du chĂŽmage et de la pauvretĂ© d’un pays. Pour certains, tous leurs malheurs proviennent de l’urbain, d’internet, du premier ministre, des normes Ă©cologiques, de l’éducation, d’un prĂ©sident amĂ©ricain, d’un microbe de grippe, d’un chien, d’un volcan, des Wallons, du TGV. La liste non exhaustive n’est limitĂ©e que par les capacitĂ©s de l’imagination humaine ! Voyez les multiples exemples autour de vous, il y en a partout !Un coupable
 pour cacher les vraies causes ! En fait, trouver un bouc Ă©missaire est une explication facile, beaucoup plus facile que de rechercher les vraies causes des Ă©checs ou des problĂšmes Cela permet de ne pas se remettre en question. Cela supprime les discussions et le dĂ©sordre puisque tout un groupe est d’accord pour accuser une personne ou un autre groupe. Cela rassure ceux qui sont inquiets, puisqu’on trouve une explication officielle aux difficultĂ©s. Cela crĂ©e une alliance qui soude le groupe contre le prĂ©tendu coupable, peu importe le racisme et Ă  la violence qui s’en 
 c’est s’empĂȘcher de trouver des solutions aux problĂšmes puisqu’on en ignore les causes rĂ©elles 
 Comment lutter contre ce phĂ©nomĂšne? Il est important de lutter contre le phĂ©nomĂšne du bouc Ă©missaire, mais c’est quasiment impossible. On ne devrait jamais accepter de laisser dĂ©signer erronĂ©ment un coupable Ă  tout ce qui ne va pas. Il faut inciter le groupe Ă  comprendre son propre systĂšme de fonctionnement, et Ă  chercher en lui les raisons de son malaise. Mais qui va jouer ce rĂŽle ? Certainement pas ceux qui ont le pouvoir ou qui tiennent les rĂȘnes Ă©conomiques, mais plutĂŽt les gens normaux, car les vĂ©ritĂ©s sont bien souvent dĂ©rangeantes et peuvent dĂ©stabiliser le pouvoir en place. Souvent, c’est celui qui dĂ©signe les erreurs d’un groupe, qui en devient immĂ©diatement le bouc Ă©missaire. Cela se retourne immĂ©diatement contre celui qui dit la vĂ©ritĂ©, comme dans la chanson de Guy BĂ©art Le poĂšte a dit la vĂ©ritĂ©, il va ĂȘtre exĂ©cutĂ© ». L’atypique, bouc Ă©missaire de prĂ©dilection Par sa sensibilitĂ© et ses capacitĂ©s, l’atypique apte facilement la charge maladive, ressent les liens agressifs du groupe, pressent les rejets. Etant donnĂ© ses diffĂ©rences, il peut devenir un bouc Ă©missaire rĂȘvĂ© ! Le groupe va le dĂ©signer consciemment ou inconsciemment, car il est potentiellement dangereux il ressent les choses, en connaĂźt trop, il parle trop 
 il faut l’éliminer ! Eviter d’ĂȘtre bouc Ă©missaire Pour Ă©viter de devenir le coupable dĂ©signĂ© d’un systĂšme, il faut montrer qu’on va bien et avoir l’air alerte, tĂ©moigner d’une ouverture d’esprit mais tout en restant dans la norme, ne jamais paraĂźtre farfelu » dans ses dires ni dans son comportement, ĂȘtre pausĂ©, non agitĂ©, sans flux de paroles ni de silence exagĂ©rĂ© et surtout ĂȘtre comme tout le monde », ce qui est 
 impossible Ă  quelqu’un de construit, loyal, crĂ©atif, intelligent et responsable 
 Personnellement, je suis prĂ©sentement bouc Ă©missaire » de ma collectivitĂ©, parce que dĂšs ma tendre enfance je suis consciente de ce risque. Mais les rĂŽles que j’ai dĂ» jouer, les mille stratĂ©gies Ă  utiliser pour l’éviter m’ont fait dĂ©tester les groupes, voire mĂȘme l’humanitĂ© en gĂ©nĂ©ral. J’éprouve un ressenti de grand cirque humain, et un profond dĂ©goĂ»t pour les manipulations omniprĂ©sentes des hommes entre eux. En Ă©crivant cette page je me rends toutefois compte que je n’ai pas Ă©tĂ© suffisamment perspicace dans certains petits groupes, je suis encore le coupable dĂ©signĂ© auprĂšs d’ĂȘtres qui me sont proches, et cela me fait immensĂ©ment souffrir. MatiĂšre Ă  rĂ©flexion ! Joyeuses PĂąques ! Marcel Kuntz, biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire VĂ©gĂ©tale et enseignant Ă  l’UniversitĂ© Joseph Fourier de Grenoble. Alors que le gouvernement vient de confirmer sa volontĂ© de poursuivre le moratoire sur les OGM, malgrĂ© la dĂ©cision du Conseil d’Etat, l’expert en biotechnologie rĂ©agit Ă  la fin de la recherche française en plein champ annoncĂ©e rĂ©cemment par l’Inra. Quelle est votre rĂ©action aprĂšs l’annonce par l’Inra de l’arrĂȘt de la derniĂšre expĂ©rimentation d’OGM en plein champs en France ? C’est un signal assez dĂ©plorable. Il n’y a plus de possibilitĂ© de faire de la recherche OGM en France. Si on ne peut plus faire d’essais aux champs, on ne peut pas dĂ©velopper de nouvelles variĂ©tĂ©s rĂ©sistantes Ă  la sĂ©cheresse par exemple, qu’il s’agisse d’une sociĂ©tĂ© privĂ©e ou un laboratoire public. On se prive de l’innovation gĂ©nĂ©tique en gĂ©nĂ©ral car cela dĂ©passe les OGM qui sont souvent utilisĂ©s pour vĂ©rifier un concept. La variĂ©tĂ© dĂ©veloppĂ©e au final ne sera peut-ĂȘtre pas OGM mais elle aura profitĂ© en amont de cette recherche variĂ©tale. A quoi servent exactement ces expĂ©rimentations en plein champ ? On comprend de mieux en mieux Ă  quoi servent les gĂȘnes. Ces expĂ©rimentations peuvent servir Ă©videmment Ă  dĂ©velopper de nouvelles variĂ©tĂ©s de plantes Ă  usage agricole ou industriel, pour produire de nouveaux mĂ©dicaments par exemple. Il s’agit de mieux connaissance les propriĂ©tĂ©s gĂ©nomiques des plantes pour dĂ©velopper des variĂ©tĂ©s de plantes rĂ©sistantes Ă  la sĂ©cheresse, aux insectes, ou d’augmenter les rendements. Ces expĂ©rimentations peuvent apporter des rĂ©ponses aux dĂ©fis de l’agriculture mondiale d’aujourd’hui et de demain, dans le cadre d’un dĂ©veloppement durable et soutenable de la production, en rĂ©duisant son impact sur l’environnement, en consommation par exemple moins d’eau ou moins de produits chimiques. En se privant de ces recherches, la France se prive d’acquis scientifiques dans le domaine des gĂ©nomes, qui peuvent ĂȘtre extrĂȘmement intĂ©ressants, c’est trĂšs dommage. Les autres pays avancent en la matiĂšre et nous serons contraints d’importer leurs produits. Est-ce que cette recherche peut se faire uniquement en laboratoire ? Elle commence en laboratoire. Personnellement, je travaille sur des connaissances de mĂ©canismes fondamentaux extrĂȘmement en amont. Je suis trĂšs loin de l’application concrĂšte dans des variĂ©tĂ©s agricoles. J’ai travaillĂ© sur des plantes rĂ©sistantes Ă  la sĂ©cheresse en laboratoire, ce qui est assez facile Ă  rĂ©aliser. Mais il est beaucoup difficile d’obtenir les mĂȘmes rĂ©sultats aux champs, soumis Ă  de nombreux paramĂštres comme le soleil ou la chaleur. Est-ce que vous comprenez la peur des Ă©cologistes mais plus globalement de l’opinion publique vis-Ă -vis des OGM ? Toute cette histoire a commencĂ© avec un petit groupe de personnes qui se sont opposĂ©s Ă  la mondialisation. Ces altermondialistes sont contre l’économie mondialisĂ©e, et notamment l’intĂ©gration de cette agriculture dans cette Ă©conomie capitaliste, c’est leur droit. En France, il existe diffĂ©rentes agricultures une agriculture de produits du terroir, une agriculture pĂ©riurbaine qui aliment les citadins, et une agriculture tournĂ©e vers l’exportation qui vend sur les marchĂ©s internationaux. Cette derniĂšre agriculture est un atout Ă©conomique pour la France mais aussi celle qui pose le plus de problĂšmes environnementaux et qui a donc le plus besoin d’amĂ©liorer les variĂ©tĂ©s. Cette opposition des Ă©cologistes vient de lĂ  et pas d’un problĂšme sanitaire ou environnementale qui n’existe pas. Les OGM ne sont qu’un bouc Ă©missaire pour mener leur vrai combat comme l’agriculture mondialisĂ©e, comme la destruction d’un Mc Donald’s avait Ă©tĂ© en son temps Ă©galement un bouc Ă©missaire qui avait permis de mĂ©diatiser leur combat. Qu’est-ce que fait concrĂštement le MON810, le seul maĂŻs Ă  avoir Ă©tĂ© autorisĂ© en France ? Il permet de rĂ©sister Ă  des chenilles comme la pyralle qui font des dĂ©gĂąts parfois importants dans les rĂ©coltes. Pour empĂȘcher ces dĂ©gĂąts, que font les agriculteurs ? Ils n’ont pas le choix, les bestioles leur mangent une partie de leur rĂ©colte, ils mettent des insecticides. Ce type d’OGM permet de rĂ©duire l’utilisation des produits chimiques et on l’interdit. Il faut ĂȘtre cohĂ©rent. Le principe actif de ce maĂŻs transgĂ©nique est utilisĂ© en agriculture biologique en Ă©pandage, c’est le mĂȘme qui tue les chenilles. Ce ne serait absolument pas toxique lorsque c’est utilisĂ© en agriculture biologique et en jardinage, et il deviendrait toxique dĂšs que c’est produit par Monsanto. Il faut arrĂȘter de se moquer du monde et tenir un discours de vĂ©ritĂ©. Comment se fait-il que ce discours de vĂ©ritĂ© que vous Ă©voquez ne passe pas ou peu dans les mĂ©dias ? Pourquoi les scientifiques sont quasiment absents de ce dĂ©bat ? Il faut rappeler que les pouvoirs publics ont financĂ© dans les annĂ©es 80 la recherche dans les biotechnologies vĂ©gĂ©tales, pas toujours Ă  bon escient, mais ils l’ont fait. DĂšs que la polĂ©mique sur les OGM est nĂ©e, ils ont tout arrĂȘtĂ© pour ne plus financer dĂ©sormais que l’évaluation des risques. La gestion des politiques est incohĂ©rente. On a perdu toute la recherche qui avait Ă©tĂ© financĂ©e pendant une dizaine d’annĂ©es. Pourquoi ne pas avoir pas financĂ© la recherche sur l’évaluation des risques en mĂȘme temps que la recherche sur les biotechnologies ? Depuis 2007, c’est encore pire. C’est devenu une monnaie d’échange. On interdit les OGM pour plaire aux Ă©cologistes et qu’ils acceptent de participer au Grenelle de l’environnement. VoilĂ  la politique agricole française. Il n’y a pas de vision. C’est lamentable. Si les OGM ne prĂ©sentent aucun risque sanitaire sĂ©rieux pour la santĂ© ou pour l’environnement selon vous, la culture des plantes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©es est cependant susceptible de se retrouver dans les champs voisins, ce qui pose problĂšme
 Le maĂŻs ne va pas envahir la nature. Ce n’est pas une plante invasive. Cela dĂ©pend des plantes. Le colza par exemple est semi invasif, on peut donc le retrouver autour du champ cultivĂ©, mais cela ne va pas aller trĂšs loin. S’agissant de la question du pollen, les essais aux champs avec des maĂŻs castrĂ©s, qui ne produisaient pas de pollen, ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©truits par les opposants. C’est une preuve de plus que ce combat est politique avec des arguments fallacieux. TĂ©lĂ©charger l'article TĂ©lĂ©charger l'article Jouer des tours s'avĂšre souvent nĂ©cessaire au travail, au cours d'une nĂ©gociation et mĂȘme lors d'un simple Ă©change avec quelqu'un. Dissimuler la vĂ©ritĂ© Ă  une personne avant de la rĂ©vĂ©ler peut ĂȘtre divertissant et trĂšs profitable dans plusieurs contextes. L'on pense notamment aux recherches liĂ©es Ă  la psychologie et aux prĂ©fĂ©rences, au domaine des affaires ou encore aux blagues courantes. La dĂ©ception peut ĂȘtre moins douloureuse et plus facile Ă  encaisser. Duper quelqu'un pour obtenir de lui une rĂ©action prĂ©cise Ă  travers une farce par exemple ou pour paraitre plus crĂ©dible aux yeux des autres peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© en quelques simples Ă©tapes. Mais gardez bien Ă  l'esprit que vous jouez avec le sentiment des personnes concernĂ©es ainsi qu'avec leur confiance. 1DĂ©cidez du rĂ©sultat souhaitĂ©. Il est important de dĂ©finir des objectifs clĂ©s comme ce que vous attendez de quelqu'un d'autre ainsi que le profit que vous visez en le piĂ©geant. Cela vous permettra de savoir quel plan adopter, quand y mettre un terme et qui sera votre cible. 2 Identifiez votre cible. Elle doit avoir ce que vous convoitez, peut-ĂȘtre de l'argent ou un objet bon marchĂ©. De plus, vous devez lui paraitre fiable. Vous allez devoir vous rapprocher de la personne de maniĂšre naturelle et sans dĂ©voiler vos intentions. Il vous faudra aussi un peu d'humour si vous voulez passer Ă  l'action sans pour autant lui faire du mal en apparence. De ce fait, vous devez Ă©tudier ses habitudes, ses centres d'intĂ©rĂȘt selon le niveau d'attachement dont vous avez besoin entre vous et elle pour que le plan fonctionne. Identifiez d'Ă©ventuelles cibles secondaires pour votre tour. Elles seront vos complices des personnes susceptibles de contribuer Ă  la rĂ©ussite de votre plan et peuvent ĂȘtre vos boucs Ă©missaires des personnes Ă  qui vous pouvez facilement faire imputer la responsabilitĂ© de la duperie ou faire paraitre comme des pigeons. Vous pouvez les intĂ©grer au plan de maniĂšre honnĂȘte les faire participer au canular ou en les piĂ©geant aussi. Il est possible que vos complices rĂ©clament une part du butin, vu qu'ils ont aussi pris des risques et reprĂ©sentent des facteurs clĂ©s de l'aboutissement de votre piĂšge. Leur satisfaction est cruciale. Gardez votre objectif rĂ©el dans une boucle intĂ©rieure. Il est facile de dĂ©tecter un mensonge Ă  travers l'attitude comportementale ou la maniĂšre de parler [1] . Plus vous avez de complices qui prennent part Ă  votre farce, plus vous pouvez facilement vous faire prendre. Faites donc un choix rigoureux des personnes Ă  qui vous pouvez faire confiance en fonction de votre plan. 3 DĂ©veloppez les stratĂ©gies Ă  appliquer Ă  votre cible. Duper quelqu'un, Ă  quelques Ă©gards, implique une modification de votre comportement pour faire paraitre le faux en vrai. Si au dĂ©part, vous n'avez pas une parfaite maitrise de votre victime, il peut ĂȘtre profitable de disposer d'une fausse identitĂ©, du moment que les dĂ©tails sont pertinents et que la seconde identitĂ© n'est pas compromise. Choisissez une identitĂ© qui fait bonne impression auprĂšs de votre cible [2] . Se prĂ©senter avec une expertise et une connaissance basique semblable Ă  votre victime vous rend plus crĂ©dible et vous met dans une position idĂ©ale pour rĂ©ussir votre coup. Par exemple, si la cible est un joueur, identifiez-vous comme tel. Cependant, il ne faut pas que ce soit trĂšs diffĂ©rent de votre rĂ©elle identitĂ© sauf si vous prĂ©voyez couper tout lien avec votre pigeon une fois le but atteint. PublicitĂ© 1 Motivez-le. Il vous faudra une raison pour amener votre alliĂ© Ă  vous faire suffisamment confiance afin de rĂ©ussir votre coup par la suite. Pour y parvenir, vous aurez besoin d'un profil pertinent un expert dans un domaine qui lui convient ou en prĂŽnant une relation de confiance rĂ©ciproque. Incitez Ă  la collaboration Ă  travers des faveurs rĂ©ciproques et en exprimant votre gratitude lorsque des choses s'effectuent par votre entremise. Les gens sont plus enclins Ă  faire confiance et Ă  concĂ©der des faveurs aux personnes qu'ils ont dĂ©jĂ  aidĂ©es par le passĂ©. Il faudra donc vous rapprocher d'eux et faire une demande raisonnable de faveur qu'ils sont susceptibles d'accepter. Si les intĂ©ressĂ©s sont fatiguĂ©s ou Ă  bout, il y a plus de chances qu'ils donnent suite Ă  votre requĂȘte. 2Instaurez votre crĂ©dibilitĂ© et votre rĂ©putation de personne honnĂȘte. Il est possible de vous servir de vos complices ici, en mettant en Ă©vidence de faux rapports ou des rapports qui corrompent le point de vue de votre cible Ă  votre Ă©gard [3] . Des retours de faveurs et le respect de la rĂ©ciprocitĂ© dans les prĂ©cĂ©dentes phases de votre lien y seront profitables. Il faudra vous assurer que la victime croit que vous ĂȘtes effectivement celui que vous prĂ©tendez ĂȘtre et que vous n'avez pas de mauvaises intentions. Elle doit avoir de fausses informations vous concernant et concernant vos habitudes. 3Incitez l'empathie avec la technique du miroir et des attitudes positives. Vous pouvez vous servir de la vanitĂ© de votre sujet avec la technique du miroir, en rĂ©pĂ©tant son nom, en acquiesçant, en faisant usage de mots positifs, en reprenant ses dĂ©clarations et en ne les critiquant pas. Le fait de reflĂ©ter le comportement et les attitudes d'une personne la rendra plus empathique et rĂ©ceptive Ă  votre comportement et Ă  vos attitudes [4] . Il ne faut toutefois pas exagĂ©rer, car les gens sont moins rĂ©ceptifs Ă  une flatterie excessive ou Ă  un effet miroir trop apparent. L'approche doit ĂȘtre perspicace et prĂ©alablement travaillĂ©e. PublicitĂ© 1PrĂ©parez le terrain. Vos complices doivent maitriser le moment oĂč il entre en scĂšne, ce qu'ils doivent dire et ce qu'ils sont censĂ©s faire. Votre pigeon doit ĂȘtre dĂ©jĂ  en action si vous deviez imputer le blĂąme Ă  quelqu'un d'autre. Vous devez avoir la certitude de pouvoir mettre rapidement le plan Ă  l'Ɠuvre avant de vous lancer, car en rĂ©alitĂ©, vous n'avez qu'une seule et unique chance. 2 ExĂ©cutez votre plan. À cette Ă©tape, vous pouvez vous servir de la confiance pour mettre en Ɠuvre un piĂšge, petit ou grand, une simple blague ou une farce, selon ce que vous visez chez votre cible. Les petits tours sont plus efficaces sans pour autant entacher votre relation avec la cible. Cependant, il est primordial de dĂ©terminer le degrĂ© de cruautĂ© de votre tour ainsi que votre attachement Ă  la victime sans oublier bien sĂ»r si vous voulez conserver ou non votre relation avec elle. Utilisez la sĂ©mantique pour les paris de proposition. Vous avez la possibilitĂ© d'utiliser des piĂšges comme je parie que je peux avoir le quart sous la serviette sans y toucher » ou des choses de ce genre, l'objectif Ă©tant d'amener la personne Ă  retirer la serviette vous donnant ainsi accĂšs au quart. DĂ©shonorez sa confiance pour le mettre dans l'embarras. Si votre but est de honnir ou d'humilier la personne, il est possible d'utiliser les secrets partagĂ©s dans la relation que vous avez entretenue. Obtenir et diffuser des informations sensibles que la personne vous aurait confiĂ©es en public ou Ă  une fĂȘte vous donne la possibilitĂ© de la honnir et de prendre plaisir Ă  sa souffrance. Faites une farce. Vous pouvez conduire votre cible quelque part et lui faire croire qu'elle va recevoir un prix ou une rĂ©compense. Sauf qu'en fin de compte, elle va se retrouver avec des marques sur le visage ou des dĂ©gĂąts physiques un peu comme dans le film Carrie, la vengeance oĂč Carrie se retrouve couverte d'un torrent de sang sur la piste de dance. 3Masquez ou dĂ©voilez votre jeu. Dans le cas oĂč vous n'avez aucune intention de dĂ©voiler que vous ĂȘtes Ă  l'origine de ce piĂšge, vous devez vous montrer compatissant et surpris afin de cacher toute implication dans ce tour. Votre rĂ©action vis-Ă -vis des retombĂ©es de votre farce sur la cible aura un impact sur votre relation avec celle-ci. Si le tour se termine bien par contre, vous pouvez librement vous montrer comme Ă©tant le concepteur. PublicitĂ© 1Soyez prudente. Évitez de faire des tours d'envergure ou dont les consĂ©quences peuvent ĂȘtre nuisibles. Il y va de votre rĂ©putation, mais surtout cela vous permet de rĂ©cidiver pour en piĂ©ger d'autres [5] . Reconnaitre ĂȘtre Ă  la base d'une supercherie peut faire de vous une personne dont les gens se mĂ©fient mĂȘme lorsqu'il s'agit de choses sĂ©rieuses et vraies [6] . De plus, il serait considĂ©rablement plus profitable de faire porter le chapeau Ă  quelqu'un d'autre lorsqu'il s'agit de choses sans grand danger ou qui n'entachent pas lourdement une rĂ©putation. 2Évitez de culpabiliser. Si votre farce ne prĂ©sente pas de consĂ©quences nĂ©fastes ou lourdes, le problĂšme ne se pose pas. Mais lorsque c'est le cas, vous allez devoir travailler et masquer le plus possible votre culpabilitĂ©. Les mensonges sont facilement dĂ©tectables quand on veut masquer son implication dans une transgression. Si nĂ©cessaire, vous vous mentirez Ă  vous-mĂȘme par rapport aux retombĂ©es de vos actes. De ce fait, les rĂšgles d'Ă©thiques auront moins d'impact sur vous [7] . 3Échappez-vous. Lorsque vous terminez votre premiĂšre farce, sauf si vous avez rĂ©ussi Ă  parfaitement cacher votre jeu, la victime se montrera plus mĂ©fiante et prendra toute dĂ©claration ou proposition comme Ă©tant de mauvaise foi [8] . Votre capacitĂ© Ă  ne pas vous faire dĂ©masquer constitue le facteur clĂ© pour faire un mauvais tour conservez une rĂ©putation de personne honnĂȘte ce qui ironiquement est dĂ©terminant pour rĂ©ussir un tour malhonnĂȘte [9] . Si votre plan ne fonctionne pas, il serait plus avisĂ© de laisser tomber. 4Ayez un bouc Ă©missaire. PiĂ©ger quelqu'un d'autre avec ces techniques pour en faire un coupable est la clĂ© pour ne pas vous faire dĂ©masquer. Cette personne peut ĂȘtre un complice connu de vos autres complices ou une personne non fiable et trĂšs peu apprĂ©ciĂ©e afin que votre second plan ne soit pas compromis. Il peut ĂȘtre compliquĂ© de faire porter le chapeau Ă  quelqu'un d'autre, mais si votre tour se dĂ©roule en public et que tout se passe bien, votre pigeon va se rĂ©signer Ă  encaisser le coup. PublicitĂ© Conseils Faites attention aussi bien Ă  votre langage corporel que verbal. En gĂ©nĂ©ral, les mensonges prĂ©sentent peu de dĂ©tails, se construisent tout seuls et sont moins efficaces que la version de la cible de la farce [10] [11] . Les chances de dĂ©tecter un mensonge efficace ne sont que de 50 % environ. Vous pouvez duper un bon nombre de personnes Ă  plusieurs reprises [12] . PublicitĂ© Avertissements Duper et faire des plaisanteries ne sont que trĂšs peu efficaces et moins satisfaisants lorsque l'auteur est dĂ©masquĂ©. Celui-ci devient peu fiable mĂȘme lorsqu'il dit vrai [13] . Les mensonges qui cachent plus les faits que les sentiments sont difficilement dĂ©tectables par la communication [14] . PublicitĂ© À propos de ce wikiHow Cette page a Ă©tĂ© consultĂ©e 8 196 fois. Cet article vous a-t-il Ă©tĂ© utile ? J’écoutais Ă©galement sur France culture l’intervention de Patrick Zylberman[2], professeur Ă©mĂ©rite d’histoire de la santĂ© Ă  l’école des hautes Ă©tudes en santĂ© publique qui s’empressait de souligner le mal endĂ©mique qui traverse l’histoire humaine et pointant l’absolue naĂŻvetĂ© de quelques-uns Ă  imaginer le progrĂšs moral chez l’homme dans les pĂ©riodes de propagation d’épidĂ©mie virulente. Concernant le progrĂšs moral, Il n’en est rien en fait C’est un comportement millĂ©naire. Ceux qui croient que nous ferions des progrĂšs sur le plan moral sont des naĂŻfs et des gens dangereux. En rĂ©alitĂ© les comportements sont toujours les mĂȘmes, et les comportements de discrimination et de stigmatisation apparaissent dĂšs qu’effectivement le bruit d’une Ă©pidĂ©mie de ce type se rĂ©pand » puis Patrick Zylberman enchaine On a toujours exactement, la mĂȘme chose, c’est-Ă -dire qu’on s’en prend d’abord Ă  des boucs Ă©missaires. Ce sont des choses profondĂ©ment ancrĂ©es dans nos tĂȘtes, dans nos esprits. Ce sont des choses de l’ordre de la peur, des passions, etc. Et c’est absolument ingouvernable. Tout ce qu’on peut espĂ©rer c’est que ça passe le plus vite possible. ». Auteur Eric LEMAITRE Le bouc Ă©missaire nous renvoie forcĂ©ment Ă  l’histoire mĂȘme de notre humanitĂ©, oĂč il fallait tuer l’animal, pour expier la faute du peuple. C’est dans l’Ancien Testament, au chapitre 16 du LĂ©vitique, dans les versets 20, 21, 22[1] que nous est dĂ©crit le rituel d’expiation qui symbolise toute la dimension sacrificielle qui reprĂ©sente l’acte d’îter la faute, cette faute qui plonge le peuple dans une forme de chĂątiment collectif, mais dont le peuple est Ă©pargnĂ©, s’il consent Ă  prĂ©senter un sacrifice. La symbolique du bouc Ă©missaire est donc celle du transfert transfĂ©rer la faute sur autrui, lui faire endosser la faute afin que le reste n’ait pas Ă  payer collectivement la faute. Aujourd’hui le rĂŽle du bouc Ă©missaire est celui que l’on entend dĂ©signer pour stigmatiser, pour conjurer les maux Ă©prouvĂ©s par la collectivitĂ©. Le bouc Ă©missaire devient aussi l’exutoire d’un ressentiment que l’on projette sur autrui. Le bouc Ă©missaire est toujours exhumĂ© quand il s’agit de partager sa haine dans les situations les plus tragiques oĂč coĂ»te que coĂ»te il faut rechercher le responsable coupable. Pour expier, certaines sociĂ©tĂ©s n’ont pas hĂ©sitĂ© au cours de l’histoire Ă  exclure, Ă  chĂątier, Ă  condamner, Ă  cracher sa haine, Ă  dĂ©verser sa malveillance, et Ă  propager des rumeurs comme pour incendier de prĂ©tendus coupables. Or l’évocation de notre histoire contemporaine dĂ©montre que nos civilisations prĂ©tendument Ă©voluĂ©es sont susceptibles de sombrer dans des heures peu glorieuses qui ont parsemĂ© les siĂšcles passĂ©s. Nous avons oubliĂ© socialement Ă  quel point la violence peut surgir et naĂźtre d’évĂ©nements tragiques, cette violence peut Ă©maner de la calomnie comme de la dĂ©nonciation, comme d’une volontĂ© de trouver un mĂ©diateur qui deviendra le souffre-douleur d’une peine collective vĂ©cue par une citĂ©, une communautĂ©, des hommes ou des femmes, confrontĂ©s Ă  l’épreuve. Aussi faut-il rechercher Ă  tout prix le coupable, le bouc Ă©missaire, cette figure emblĂ©matique, symbolique et victimaire qui doit endosser la faute, la responsabilitĂ©, la seule responsabilitĂ© de nos maux. MĂ©canisme qui expurge notre propre affliction ou calvaire dont il faut bien faire Ă©merger une cause pour la dĂ©noncer ensuite. Il faut ainsi dĂ©voiler le responsable de tous nos malheurs. Ce mĂ©canisme d’attaque contre une communautĂ© ou un groupe ou une personne plus faible permet Ă  certains individus qui l’utilisent de maintenir un sentiment de moralitĂ© intact puis de dissimuler ses propres responsabilitĂ©s ou dĂ©tourner l’attention sur l’origine du problĂšme. Comme vous le savez et je l’ai souvent citĂ© dans mes chroniques, rien de nouveau ne naĂźt sous le soleil ; d’ailleurs, il nous suffit de redĂ©couvrir une des fables de La Fontaine, un des grands classiques de la littĂ©rature française, pour comprendre le dĂ©roulement de ce processus collectif oĂč l’on en vient Ă  s’entĂȘter contre celui qui est devenu le souffre-douleur de toute la communautĂ©. Ainsi, dans Les animaux malades de la peste », il fallait s’acharner contre l’ñne, devenu le souffre-douleur de la communautĂ©, il fallait, quel qu’en soit le prix, le pendre et en finir avec lui, comme si avec la disparition du baudet, nous mettions fin Ă  l’épreuve. Ce texte, il convient de le relire pour comprendre la dimension que revĂȘtent parfois les mĂ©canismes de diffamation, d’accusation de violence, de calomnie, de soupçon haineux, dirigĂ©s contre des groupes, contre des communautĂ©s. L’Âne vint Ă  son tour et dit J’ai souvenance. Qu’en un prĂ© de Moines passant, la faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense quelque diable aussi me poussant, je tondis de ce prĂ© la largeur de ma langue. Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net. À ces mots on cria haro sur le baudet. Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue, qu’il fallait dĂ©vouer ce maudit animal, ce pelĂ©, ce galeux, d’oĂč venait tout leur mal. Sa peccadille fut jugĂ©e un cas pendable. Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable ! Rien que la mort n’était capable d’expier son forfait on le lui fit bien voir ». Comme dans la fable de La Fontaine, Les animaux malades de la peste », la logique du bouc Ă©missaire s’inscrit parfois contre celui qui est diffĂ©rent, le baudet galeux et pelĂ© », sur le refus de la diffĂ©rence et ce fait s’est souvent avĂ©rĂ© juste tout au long de l’histoire et notamment au cours des diffĂ©rents Ă©pisodes qui ont marquĂ© les troubles de l’infection pestilentielle au sein de notre nation comme en Europe. Le coupable de cette tragĂ©die, c’était forcĂ©ment le Juif ; par la force des choses, ce mĂ©tĂšque a Ă©tĂ© le bouc Ă©missaire de la communautĂ©, sĂ»rement il est coupable d’ĂȘtre diffĂ©rent, lui le baudet galeux et pelĂ© », l’ñne qui est diffĂ©rent des autres. Comme dans cette fable, il faut juguler, circonscrire le mal, les esprits s’échauffent, il faut un coupable, le coupable ce n’est pas la pandĂ©mie virale, mais c’est forcĂ©ment un semblable autant victime que nous, mais qui fera l’affaire pour expier notre faute. Il y a lĂ  incontestablement une logique sacrificielle, parfaitement explorĂ©e par le philosophe RenĂ© Girard Les persĂ©cuteurs finissent toujours par se convaincre qu’un petit nombre d’individus, ou mĂȘme un seul peut se rendre extrĂȘmement nuisible Ă  la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre, en dĂ©pit de sa faiblesse relative ». J’aurais ajoutĂ© le mot utile » au lieu de nuisible, dans un sens plutĂŽt ironique. En Ă©crivant ces lignes, je pense Ă  l’affaire Alfred Dreyfus qui est l’archĂ©type du bouc Ă©missaire dans la mĂ©moire collective de notre nation. Le coupable idĂ©al, le coupable utile, ajouterais-je Ă  nouveau, le coupable sur lequel on fait retomber tout le ressentiment, l’animositĂ©, les rancƓurs, dont a Ă©tĂ© victime le peuple juif Ă  la fin du XIXe siĂšcle. Le capitaine Dreyfus Ă©tait un homme innocent, une forme de martyre, de bouc Ă©missaire de l’acharnement collectif d’une entitĂ© sociale pour s’exonĂ©rer, s’exempter de sa propre faute, de sa propre culpabilitĂ©. L’acharnement d’ailleurs peut ĂȘtre savamment entretenu par les corps institutionnels d’une nation, les reprĂ©sentants de l’État, comme nous le verrons, dans cette nouvelle chronique. J’écoutais Ă©galement sur France Culture l’intervention de Patrick Zylberman [2], professeur Ă©mĂ©rite d’histoire de la santĂ© Ă  l’École des Hautes Études en SantĂ© Publique qui s’empressait de souligner le mal endĂ©mique qui traverse l’histoire humaine et pointant l’absolue naĂŻvetĂ© de quelques-uns Ă  imaginer le progrĂšs moral chez l’homme dans les pĂ©riodes de propagation d’épidĂ©mie virulente. Concernant le progrĂšs moral, il n’en est rien en fait C’est un comportement millĂ©naire. Ceux qui croient que nous ferions des progrĂšs sur le plan moral sont des naĂŻfs et des gens dangereux. En rĂ©alitĂ© les comportements sont toujours les mĂȘmes, et les comportements de discrimination et de stigmatisation apparaissent dĂšs qu’effectivement le bruit d’une Ă©pidĂ©mie de ce type se rĂ©pand . Puis Patrick Zylberman enchaĂźne On a toujours exactement la mĂȘme chose, c’est-Ă -dire qu’on s’en prend d’abord Ă  des boucs Ă©missaires. Ce sont des choses profondĂ©ment ancrĂ©es dans nos tĂȘtes, dans nos esprits. Ce sont des choses de l’ordre de la peur, des passions, etc. Et c’est absolument ingouvernable. Tout ce qu’on peut espĂ©rer c’est que ça passe le plus vite possible. » Comment de fait ne pas se souvenir de la peste noire au cours du XIVe siĂšcle, avec ses rumeurs nausĂ©abondes, rĂ©pandant le bruit que les Juifs Ă©taient les Ă©missaires de Satan pour expier la faute de pseudo-chrĂ©tiens, cette rumeur nausĂ©abonde conduisit les mĂȘmes religieux», ces pseudo-chrĂ©tiens Ă  les expulser. Ils dĂ©cidĂšrent parfois de les massacrer, de les exterminer par milliers, persuadĂ©s que ces derniers avaient contaminĂ© les lieux de leur vie sociale. Les flambĂ©es de violence, ces flambĂ©es qui Ă©taient appelĂ©es pogroms caractĂ©risent systĂ©matiquement les civilisations qui se sentent menacĂ©es, soumises aux pires Ă©preuves, aux pires crises sociales. Et ce fut typiquement le cas lors de la pandĂ©mie, de l’infection calamiteuse, surnommĂ©e la Peste noire, un flĂ©au qui allait dĂ©cimer une grande partie de la population, et ce dans un intervalle de quelques annĂ©es. Les Juifs seront mis Ă  l’index, accusĂ©s de tous les maux dont celui de la peste noire, des pogroms expiatoires seront organisĂ©s qui frapperont les Juifs dans la plupart des rĂ©gions et notamment dans l’Est de la France oĂč la peste s’étendit. Le pogrom le plus sanglant a lieu donc Ă  Strasbourg, le carnage criminel est connu comme le massacre de la Saint-Valentin puisqu’il advient le 14 fĂ©vrier 1349 [3]. A cette occasion, prĂšs de 2000 Juifs seront assassinĂ©s [brĂ»lĂ©s vifs.] La mĂȘme population strasbourgeoise s’était Ă©galement rĂ©voltĂ©e contre le pouvoir local jugĂ© trop favorable Ă  l’endroit des Juifs. À tort nous avons pensĂ© que les phĂ©nomĂšnes de violences, de stigmatisation ne concernaient que les sociĂ©tĂ©s archaĂŻques, primitives, mais il n’en est rien comme le mentionnait prĂ©cĂ©demment Patrick Zylberman. Il y a comme une forme de perpĂ©tuation de ce rituel dans toute crise et en l’occurrence dans cette grave crise pandĂ©mique, comme la manifestation, comme le rejet de la singularitĂ© de l’autre », le dĂ©sir de maintenir un sentiment de dĂ©goĂ»t en discriminant notamment ceux qui croient aujourd’hui au ciel et qui n’ont finalement pas empĂȘchĂ© la propagation du mal. Le bouc Ă©missaire est en rĂ©alitĂ© pluriel, protĂ©iforme. Le bouc Ă©missaire est aujourd’hui une Ă©glise Ă©vangĂ©lique d’oĂč est partie la foudroyante pandĂ©mie qui a contaminĂ© toute la rĂ©gion Est. Beaucoup incriminent un rassemblement qui n’avait jamais Ă©tĂ© interdit et dans un contexte oĂč plusieurs reprochaient Ă  certains d’exagĂ©rer l’ampleur de l’épidĂ©mie, oĂč l’État n’avait Ă  l’époque pris aucune mesure, aucune prĂ©caution, aucune prudence pour prĂ©venir un risque Ă©pidĂ©mique. Rappelons les faits et seulement les faits. La pandĂ©mie du Covid-19 en Italie se diffuse Ă  partir du 31 janvier 2020, lorsque deux touristes chinois sont testĂ©s positifs pour le SARS-CoV-2. La dĂ©tection du Covid-19 chez ces touristes chinois se fait alors dans la capitale italienne, Rome. Un autre groupe de cas de Covid-19 est ensuite signalĂ© en Lombardie, Ă  commencer par 16 cas confirmĂ©s le 21 fĂ©vrier, 60 autres cas le 22 fĂ©vrier et les premiers dĂ©cĂšs en Italie sont signalĂ©s le mĂȘme jour. Le 28 fĂ©vrier, il y avait 21 dĂ©cĂšs et 888 cas confirmĂ©s dans le pays. Alors que l’État français avait eu connaissance de ce dĂ©but de pandĂ©mie, aucune dĂ©cision en Europe et pas plus qu’en France n’avait interdit d’éventuels rassemblements, aucune interdiction de vie collective n’avait alors Ă©tĂ© prise. Pourtant, les autoritĂ©s sanitaires semblaient ĂȘtre parfaitement informĂ©es de la dangerositĂ© du virus. En pleine Ă©pidĂ©mie de Covid-19 en Italie, le match entre l’Olympique lyonnais et la Juventus Turin est maintenu le mercredi 26 fĂ©vrier. L’église Ă©vangĂ©lique de Mulhouse organise entre le 17 et le 24 fĂ©vrier un rassemblement avec plus de 2000 fidĂšles. Dans le contexte de ce mois de fĂ©vrier, il n’y avait aucune indication de prudence qui ait Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  quelque rassemblement que ce soit et pas mĂȘme au Groupama Stadium qui accueillait en son sein des milliers de supporters, [la capacitĂ© du stade est de 59 186 places] et n’avait nullement fermĂ© ses portes aux supporters en provenance de Turin [4]. Il y avait lĂ  un brassage de populations. Il est curieux qu’il ne soit venu Ă  quiconque de stigmatiser l’Olympique Lyonnais. Alors que le journal Le Point [5] titrait la bombe atomique » du rassemblement Ă©vangĂ©lique de Mulhouse, mettant ainsi sur le devant de la scĂšne une Ă©glise Ă©vangĂ©lique coupable d’avoir organisĂ© un rassemblement d’oĂč est partie la contagion foudroyante. Nous avons lĂ  des Ă©lĂ©ments de stigmatisation portant les germes d’une haine sans pareille qui a Ă©tĂ© vĂ©cue par les responsables de la Porte Ouverte. Plusieurs journaux, quelques quotidiens de la presse nationale, ont alors blĂąmĂ© un rassemblement Ă©vangĂ©lique qui n’avait jamais Ă©tĂ© interdit. Les chrĂ©tiens devaient endosser la responsabilitĂ©, des torrents de haine ont Ă©tĂ© Ă©galement rĂ©pandus, y compris dans les rĂ©seaux sociaux, vĂ©ritables caisses de rĂ©sonnance pour propager la haine de l’autre, rĂ©vĂ©lant ainsi et Ă  grande Ă©chelle la noirceur des attitudes capables de victimiser des personnes elles-mĂȘmes endeuillĂ©es par le covid-19. Il s’ensuivit mĂȘme des menaces de mort et une certaine forme de lĂąchetĂ© au sein de certaines Ă©glises traditionnelles et autoritĂ©s administratives qui tentĂšrent de se disculper et de n’endosser aucune forme de responsabilitĂ© aux yeux de la population locale et de la rĂ©gion Est. Le pire pour renforcer cette stigmatisation, les modĂšles mathĂ©matiques ont Ă©tĂ© convoquĂ©s pour expliquer que l’église Ă©vangĂ©lique a Ă©tĂ© forcĂ©ment Ă  l’origine de l’explosion du covid-19, et si Rome brĂ»le, c’est indubitablement la faute de ce rassemblement chrĂ©tien. C’est ce point-lĂ  qui m’a profondĂ©ment alertĂ©, non seulement comme chrĂ©tien moi-mĂȘme, mais cette dimension trĂšs imprudente qui consiste Ă  apporter une dĂ©monstration Ă  un Ă©vĂ©nement dramatique en se fondant implicitement sur une modĂ©lisation statistique. Reprenons donc cet Ă©lĂ©ment que j’entends ici discuter et tentons d’entrevoir le formidable» argument et d’en extraire dans le propos la dimension de bouc Ă©missaire qui rĂ©sulterait d’un tel commentaire. Citons de fait ce texte paru dans la presse dans les DerniĂšres Nouvelles d’Alsace le 13 avril 2020 [6] Une modĂ©lisation statistique et sanitaire transmise au conseil scientifique mis en place par le gouvernement sur la propagation du coronavirus en France a abouti Ă  un rĂ©sultat sans Ă©quivoque sans le rassemblement Ă©vangĂ©lique de la Porte Ouverte ChrĂ©tienne, qui s’est tenu du 17 au 24 fĂ©vrier Ă  Mulhouse, la France serait au mĂȘme niveau que l’Allemagne en termes de contamination. Autrement dit, avec quatre fois moins de personnes hospitalisĂ©es. » Il convient, selon moi, d’ĂȘtre alertĂ© par la dimension Ă  la fois insidieuse du propos et par le titre trĂšs imprudent de la presse. Cela a mĂȘme quelque chose de sournois [ ÉpidĂ©mie le rassemblement Ă©vangĂ©lique de Mulhouse a tout fait basculer ».] Le rassemblement Ă©vangĂ©lique a tout fait basculer, voilĂ , en quelque sorte en filigrane dans l’écriture trĂšs stylisĂ©e afin que chacun comprenne, que les responsables de l’incendie que nous vivons sont explicitement dĂ©signĂ©s. Le rassemblement n’est pas coupable, d’aucune sorte, puisque ce rassemblement n’a enfreint aucune interdiction administrative. Ou alors le prĂ©fet a totalement omis de s’informer de l’éventuelle dangerositĂ© d’un virus qui pouvait amener d’un rassemblement qui concerne aussi les frontaliers suisses, luxembourgeois, allemands. Le titre est finalement particuliĂšrement Ă©vocateur, il rend responsable une communautĂ© chrĂ©tienne d’avoir formĂ© le dĂ©but d’un cluster Ă©pidĂ©mique. C’est la construction mĂȘme de l’argument qui est habilement formulĂ© sous-entendant que si de tels rassemblements n’avaient pas eu lieu, nous n’en serions pas Ă  l’émergence d’un premier foyer contagieux. L’argument rationnel sans prĂ©caution aucune est facile, il commence par la modĂ©lisation statistique. Le paradigme mathĂ©matique est ainsi convoquĂ©, ce qui suppose en consĂ©quence une dĂ©monstration sans Ă©quivoque il n’y a pas de discussions possibles, vous ĂȘtes priĂ© de circuler, la dĂ©monstration est apportĂ©e puis Ă©tayĂ©e par le modĂšle. Mais reconnaissons que ce mĂȘme modĂšle devra ĂȘtre appliquĂ© au porte-avions Charles de Gaulle qui a fait escale Ă  Toulon le dimanche 12 avril 2020, et dont la premiĂšre escale date du 15 mars Ă  Brest, alors que la France est en pleine crise Ă©pidĂ©mique. Le porte-avions Charles de Gaulle rassemble Ă  son bord plus de 600 personnes infectĂ©es par le covid-19, mais lĂ  il s’agit de la dĂ©fense nationale, de la responsabilitĂ© de l’État. L’incriminerons-nous comme nous le faisons pour l’église Ă©vangĂ©lique ? La question est posĂ©e et mĂ©rite sans aucun doute de l’ĂȘtre ! Il est assez pernicieux de mentionner le rassemblement Ă©vangĂ©lique, cela aurait pu ĂȘtre en effet n’importe quel autre rassemblement, mais il y a lĂ  une dimension stigmatisante, une maniĂšre de pointer du doigt l’aspect irresponsable de communautĂ©s chrĂ©tiennes qui expriment la joie de cĂ©lĂ©brer ensemble un Ă©vĂ©nement habituel. Et en regard de l’évĂ©nement vĂ©cu Ă  Mulhouse, les autoritĂ©s seraient en peine d’examiner cette parole extraite de la lecture d’un Ă©vangile Ôte premiĂšrement ta poutre avant d’y extraire la paille dans l’Ɠil de ton prochain. » Notons en outre que ce rassemblement avait lieu chaque annĂ©e et ne faisait jusqu’à prĂ©sent aucun Ă©cho dans la presse, semble-t-il, ou en tout cas il n’y a pas eu de propos malveillants ? Mais pour revenir Ă  l’énoncĂ© des modĂšles mathĂ©matiques pour expliquer la propagation de la pandĂ©mie, il existe bien d’autres conditions pour faire jaillir des clusters au-delĂ  d’un rassemblement religieux, la rĂ©gion du Haut-Rhin qui aprĂšs Strasbourg est la deuxiĂšme ville d’Alsace est une rĂ©gion relativement urbanisĂ©e avec de nombreux Ă©changes frontaliers avec la Suisse et l’Allemagne. Or Ă  titre de comparaison, la Lombardie est une rĂ©gion dense d’un point de vue urbain, une rĂ©gion qui elle-mĂȘme comme chacun maintenant le sait a Ă©tĂ© violemment frappĂ©e par le covid-19. Le territoire compte sans doute davantage d’habitants comparativement Ă  l’Alsace la rĂ©gion Lombardie avoisine 10 millions d’habitants, mais elle est aussi une rĂ©gion de brassages oĂč les Ă©changes commerciaux sont les plus dĂ©veloppĂ©s. Ce mouvement perpĂ©tuel d’habitants, ce brassage des populations aurait favorisĂ© la diffusion de la pandĂ©mie. Donc le rassemblement religieux qui est ici utilisĂ© pour expliquer la propagation du virus Ă  des fins de dĂ©monstration semble abusif, puisque sociologiquement l’instinct grĂ©gaire des ĂȘtres humains nous pousse tout simplement Ă  nous retrouver, Ă  nous rassembler et vivre des communions intenses, des moments de convivialitĂ©. Il semble que la mĂ©moire ait Ă©tĂ© courte pour beaucoup d’entre nous comment peut-on omettre, comme je le rappelais, que les derniers Ă©vĂ©nements sportifs autorisĂ©s Ă  Lyon par exemple avec des Turinois n’étaient pas si Ă©loignĂ©s du foyer pandĂ©mique et que l’on apprenait Ă©galement des cas de covid-19 dans le PiĂ©mont ? Bien entendu, il faut le reconnaĂźtre et ne pas l’ignorer, le dĂ©but d’un foyer est bien nĂ© Ă  Mulhouse, mais il aurait pu naĂźtre au cours d’une rencontre sportive ou bien Ă©merger comme en Lombardie Ă  partir d’un seul individu qui rencontre trois individus et trois individus qui croisent le mĂȘme nombre, et puis connaĂźtre un dĂ©veloppement exponentiel par un effet de dĂ©multiplication, qui rĂ©sulte de la rencontre d’un seul malade atteint par le covid-19. Donc il est indispensable d’ĂȘtre prudent avec ce type de modĂšle, alors qu’il suffit en effet d’une seule personne pour faire Ă©merger un foyer Ă©pidĂ©mique [1=>3=>9=>81, etc.] L’usage d’un modĂšle statistique Ă  partir d’un Ă©vĂ©nement est juste une extrapolation infondĂ©e, et que dĂ©montre a fortiori l’expansion du virus en Grande-Bretagne ou dans bien d’autres rĂ©gions dans le monde. La Chine, pays militant de l’athĂ©isme, n’a pas empĂȘchĂ© la propagation mondiale d’un virus terrifiant. Les crises rĂ©veillent parfois l’irrationalitĂ©, alors que l’on veut asseoir une dĂ©monstration sur un modĂšle statistique Ă©quivoque, mais qui ne prouve rien ! Le constat factuel suffit en soi instrumentaliser pour lĂ©gitimer une consĂ©quence et pointer l’origine religieuse comme Ă©tant l’effet atomique de la propagation du virus relĂšve d’une forme de sophisme scientifique, une argumentation Ă  la logique fallacieuse. C’est utiliser un argument d’autoritĂ©. Or il convenait dans cet article de dĂ©masquer la rhĂ©torique qui contrevient Ă  la vĂ©ritĂ© en faussant l’argument. L’église Ă©vangĂ©lique de Mulhouse ne doit nullement devenir le bouc Ă©missaire de sa ville, de sa rĂ©gion et de notre nation. Pleurons plutĂŽt avec elle les familles endeuillĂ©es et apprenons de ce terrible flĂ©au des leçons Ă  en tirer pour orienter diffĂ©remment notre vie. Notes [1] Texte du LĂ©vitique 1620-22 Lorsqu’il aura achevĂ© de faire l’expiation pour le sanctuaire, pour la tente d’assignation et pour l’autel, il fera approcher le bouc vivant. 21 Aaron posera ses deux mains sur la tĂȘte du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquitĂ©s des enfants d’IsraĂ«l et toutes les transgressions par lesquelles ils ont pĂ©chĂ© ; il les mettra sur la tĂȘte du bouc, puis il le chassera dans le dĂ©sert, Ă  l’aide d’un homme qui aura cette charge. 22 Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquitĂ©s dans une terre dĂ©solĂ©e ; il sera chassĂ© dans le dĂ©sert. » [2] [3] Le 14 fĂ©vrier, jour de la Saint-Valentin, le quartier juif est cernĂ© et ses habitants conduits au cimetiĂšre de la communautĂ©. LĂ , l’on bĂątit un immense bĂ»cher oĂč ils sont brĂ»lĂ©s vifs. Certains autres sont enfermĂ©s dans une maison en bois Ă  laquelle l’on met le feu. Celui-ci se prolongea pendant six jours. [4] Trois dĂ©putĂ©s de La RĂ©publique en Marche avaient Ă©crit au nouveau ministre de la santĂ©, Olivier VĂ©ran, pour lui demander d’interdire, en raison de l’épidĂ©mie de coronavirus, la venue de 3 000 supporters italiens au Groupama Stadium pour le match de Ligue des champions entre l’Olympique Lyonnais et la Juventus de Turin, le mercredi 26 fĂ©vrier. Rappelons que la direction gĂ©nĂ©rale de la santĂ© justifiait ce choix de dĂ©placement des supporters par le fait que, Ă  la diffĂ©rence de la Lombardie ou la VĂ©nĂ©tie, la rĂ©gion piĂ©montaise n’est pour l’heure pas considĂ©rĂ©e comme un foyer de l’épidĂ©mie. [5] [6] L’extrait de la citation rĂ©fĂ©rencĂ©e provient du site des DerniĂšres Nouvelles d’Alsace PassionnĂ© par les questions Ă©conomiques, sociales ... engagĂ© dans la vie de sa citĂ© et marquĂ© par le dĂ©sir d'incarner sa foi chrĂ©tienne... Egalement Essayiste et Blogueur Voir tous les articles par Eric LemaĂźtre "Souvent, le corps enseignant et les parents eux-mĂȘmes se font complices, inconsciemment, de ces rapports de force et il ne suffit pas d’une campagne de prĂ©vention contre le harcĂšlement pour les dĂ©douaner", explique le thĂ©rapeute. Vladimir Vladimirov via Getty Images Il ne faut pas oublier que le harcĂšlement repose avant toutes choses sur un processus de neutralisation et de disqualification du discours de la victime. Vladimir Vladimirov via Getty Images HARCÈLEMENT - Les campagnes de prĂ©vention visent Ă  pointer du doigt les fautes commises par les agresseurs, d’alerter les parents, le corps enseignant et les camarades eux-mĂȘmes. Pourtant, mon parcours de praticien, au plus proche des problĂ©matiques adolescentes, m’incite Ă  penser que c’est Ă  la personne victime d’abord, d’entamer un travail sur elle-mĂȘme pour se dĂ©livrer de cette forme d’assignation inconsciente Ă  la persĂ©cution de ses pairs. Cette constatation n’évacue Ă©videmment pas la perversion gĂ©nĂ©ralisĂ©e de notre sociĂ©tĂ©, qui favorise, par le biais des rĂ©seaux sociaux par exemple, le culte de la normalitĂ© Ă  tout prix, tant au niveau physique que psychologique. MalgrĂ© des avancĂ©es significatives en matiĂšre d’inclusion, il ne fait toujours pas bon d’ĂȘtre gros, homo ou noir dans un collĂšge. Le harcĂšlement scolaire Ă©tait le thĂšme de ma derniĂšre performance-dĂ©bat, “Dans les yeux de MattĂ©o”, au centre LGBT le 13 mars dernier, avec le concours de annuaires de psys proposant l’accueil inconditionnel des minoritĂ©s sexuelles, souvent victimes d’homophobie ou de transphobie dans les lieux de soins. “Dans les yeux de MattĂ©o” raconte l’itinĂ©raire d’un garçon de quinze ans, que les autres surnomment Pocahontas en se moquant de sa silhouette chĂ©tive et de son allure effĂ©minĂ©e. L’indiffĂ©rence de son professeur principal, le dĂ©ni forcenĂ© de sa mĂšre, prĂ©fĂ©rant critiquer la prise de poids de la voisine plutĂŽt que de s’intĂ©resser aux souffrances morales de son propre enfant, sont Ă©voquĂ©es Ă  la travers le spectacle. MattĂ©o essaye de rĂ©pondre Ă  ses agresseurs dans la cour de rĂ©crĂ© quand ses derniers l’intimident, mais n’y parvient pas. Il se retrouve tĂ©tanisĂ©, comme s’il ne pouvait pas leur donner tort au fond de lui-mĂȘme. Le syndrome du bouc Ă©missaire Il ne faut pas oublier que le harcĂšlement repose avant toutes choses sur un processus de neutralisation et de disqualification du discours de la victime. Sous couvert d’humour, en incluant les autres membres du groupe, l’agresseur l’attaque. Souvent, il est protĂ©gĂ© par une cape d’immunitĂ©, qui Ă  l’adolescence, s’apparente Ă  une sorte de cote de popularitĂ© acquise Ă  partir de critĂšres socioculturels valorisants pratique sportive, vĂȘtements de marque, attitude transgressive. Nul n’en est dupe autour de lui. Cette cape d’immunitĂ© lui autorise certains assauts sadiques que d’autres ne peuvent pas se permettre. Or, le principal danger guettant la victime est d’adhĂ©rer Ă  ce discours dominant en courbant l’échine devant son bourreau. Cette vassalisation inconsciente “Tu es plus populaire que moi et tu as tous les droits”, “Tes attaques sont lĂ©gitimes car je ne vaux rien” correspond Ă  une haine et un dĂ©goĂ»t de soi, gĂ©nĂ©rateurs de harcĂšlement. Cette absence totale d’estime de soi, voire la volontĂ© de se dĂ©truire par le biais des mots et des actes des autres, va entraĂźner certaines victimes dans une spirale menant Ă  la solitude radicale, la mise au ban de tous leurs pairs. C’est ce qui s’appelle le syndrome du bouc Ă©missaire avec sa somme de dĂ©nis collectifs. Un silence trompeur Bien souvent, en effet, ce mouvement psychique groupal se fait dans un silence tonitruant, qui trompe les professeurs et les familles. “On n’a rien su”, rĂ©sume la pensĂ©e ambiante, lorsque la petite victime attente Ă  ses jours au bout de longues semaines, voire de longs mois de calvaire Avec les rĂ©seaux sociaux et le rĂšgne des pseudos, cette omerta gagne Ă©videmment en intensitĂ©. Personne ne se dĂ©clare nominativement dans cette dĂ©ferlante de sarcasmes. Personne n’ose finalement affronter le monde Ă  visage dĂ©couvert. Or, trĂšs souvent, nous constatons aprĂšs-coup que la victime elle-mĂȘme a un ou plusieurs pseudos, qu’elle s’enferre dans un mĂ©canisme mimĂ©tique visant Ă  vouloir ressembler Ă  ses agresseurs, dans un dĂ©sespoir teintĂ© de vide interne et de peur de l’autre. C’est cette aliĂ©nation qui l’empĂȘche ensuite de riposter, de dĂ©noncer. La victime est alors prise dans une forme de dissonance cognitive, c’est-Ă -dire un sentiment de commettre des actes qui ne correspondent pas Ă  ses pensĂ©es, enfermĂ©e dans un paradoxe “Je veux ĂȘtre populaire comme mes bourreaux mais je leur en veux”. Le discrĂ©dit commence donc toujours par soi-mĂȘme. Nous le voyons tous les jours dans nos cabinets les jeunes victimes vont mieux quand ils n’attribuent plus la mĂȘme puissance Ă  leurs bourreaux, quand ils parviennent Ă  les entrevoir autrement qu’à travers la lorgnette suprĂȘme de la norme. Les complices inconscients Ainsi, il s’agit d’aller au-delĂ  de la simple prĂ©vention en dĂ©construisant ce discours normatif dominant, visant Ă  atomiser certains pour en glorifier d’autres. De quel systĂšme est-il le nom sinon celui d’un phallocentrisme impossible pour beaucoup Ă  contourner? Souvent, le corps enseignant et les parents eux-mĂȘmes se font complices, inconsciemment, de ces rapports de force et il ne suffit pas d’une campagne de prĂ©vention contre le harcĂšlement pour les dĂ©douaner. Ce sont les fantasmes de toute une sociĂ©tĂ© qui sont Ă  revisiter, avec la plus grande luciditĂ© possible, afin de nous connaĂźtre nous-mĂȘmes et d’échapper aux poncifs discriminants. La bataille n’est pas celle de la bien-pensance des uns et de la mĂ©chancetĂ© des autres. Elle concerne tout le monde. À voir Ă©galement sur Le HuffPost Face au harcĂšlement scolaire, Macron annonce de nouveaux outils

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